Commission Pastorale de la Santé: BDOM

C’est vers les années 1967 – 1968 que la Conférence Episcopale du Zaïre (République Démocratique du Congo depuis 1997) crée le Bureau National des Œuvres Médicales Diocésaines, un organe à double mission :

  • centraliser les actions médicales de chaque diocèse ;
  • servir d’interlocuteur valable et représentatif de l’Episcopat auprès du Ministère de la Santé.

Dans  ce même cadre national, l’Archidiocèse de Bukavu créera alors le Bureau Diocésain des Œuvres Médicales (B.D.O.M.) à qui il confiera la mission d’organiser, de coordonner et de superviser les activités médicales dans le Diocèse de Bukavu (Province du Sud-Kivu).

Le Bureau Diocésain des Œuvres Médicales (B.D.O.M). est le service technique médical de l’A.S.B.L. – Archidiocèse de Bukavu, dont les statuts sont approuvés par l’Arrêté Ministériel n° 229 du 29 Août 1967.

Le Bureau Diocésain des Œuvres Médicales (B .D.O.M.) a débuté ses activités en 1972 sous la direction de la Sœur Denise BOUVY.  En 1981, elle sera remplacée par la Sœur Jeanne GUISSON.

  • En 1982, la responsabilité du Bureau Diocésain des Œuvres Médicales (B.D.O.M.) fut confiée à Mademoiselle Maria MASSON par Mgr MULINDWA. Le Docteur BONNET Marie Jo, responsable Nationale du Bureau des Œuvres Médicales (B.N.O.M) fit un séjour dans le Kivu pour redynamiser le BDOM et assurer la formation sur la nouvelle politique sanitaire du pays après la conférence d’Alma Ata, adoption des Soins de Santé Primaire (S.S.P.)

Jusqu’alors le secteur médical de Bukavu était assuré par 4 grands hôpitaux Fomulac/Katana, Walungu, Kaziba et Kabare, celui-ci surtout renommé pour sa maternité géré par les sœurs de la Sainte Famille.

Ces grands centres rayonnaient dans toute la région.  Ainsi Fomulac couvrait les soins et vaccinations depuis Murhesa jusque près de Minova.  Walungu et Kaziba se répartissaient le reste.  Des communautés religieuses oeuvraient dans ces hôpitaux sauf à Kaziba.

Il y avait un centre de médecine préventive à Cahi, à Kabare et le centre Olame assurait aussi les vaccinations.  Les centres de santé de Mubumbano, Burhale, Kakono, Murhesa, Birava assurent les soins curatifs.  La population se faisait soigner dans un de ces hôpitaux et peu à l’HGR de Bukavu à cause du manque de matériel et de personnel qualifié,  seul le service de « Sœur Damiani »,  dans cet l’hôpital fonctionnait très bien pour les enfants malnutris, lépreux et tuberculeux, mais aidait aussi tous les malades surtout pour les médicaments et la nourriture..

A cette époque le Bureau du BDOM volet administratif contenait dans un carton.  La Conférence Internationale des Soins de Santé Primaire qui avait eu lieu en septembre 1978 à Alma Ata (U.R.S.S.) fut une grande révolution pour le secteur médical ; la politique sanitaire du Zaïre fut un modèle théorique dans l’application des résolutions de cette conférence.

Les provinces furent divisées en zones de santé, l’Etat fit appel aux Eglises pour renforcer la prise en charge sanitaire de la population.

L’Etat confia la gestion des Hôpitaux Généraux de Référence (H.G.R.) de Monvu et Nyangezi totalement délabrés et inexistants au Diocèse de Bukavu.

Ce fut le début de la collaboration Etat – privés et Eglises pour la gestion des hôpitaux.  La répartition du Sud-Kivu fut faite en 14 zones de Santé.

Le Bureau Diocésain des Œuvres Médicales (B.D.O.M.) – Pharmacie Diocésaine a débuté dans des conditions très modestes et a évolué peu à peu et c’est brique par brique que les bâtiments furent construits.  Pour les différents secteurs, c’est la même chose, ils sont nés au fur et à mesure des besoins en ayant toujours le souci de partir des besoins réels exprimés par la population et avec les moyens locaux disponibles.

–     1979 :  L’USUMA cherchait une sœur qui pourrait s’occuper des personnes handicapées à Bukavu.  La Supérieure Provinciale de la Compagnie de Marie, Aurora Martinez (à l’époque) a proposé pour cette mission, Sœur Maria Teresa SAEZ.  A ce moment-là, le Responsable au sein des Œuvres Sociales de l’Archidiocèse de Bukavu était Monsieur l’Abbé Adolphe KANINGU.

  • 1982 : Début de la Pharmacie Diocésaine dans un hangar à l’Economat Général.

      Le Centre de Santé Ifendula débute ses activités.

  • 1983 : négociation et signature des conventions pour les deux hôpitaux Nyangezi et Monvu.
  • 1983 : Déménagement dans le grenier du Centre de Production et amélioration de l’alimentation (Cepramal) car l’Economat Général avait besoin de ses locaux.
  • 1984 : Une vaste campagne de contraceptifs et préservatifs avec appui aux centres de santé largement financée par l’Amérique via Santé Rural (SANRU) se répand dans le pays en passant surtout par les structures protestantes. La Conférence Episcopale ayant refusé ces appuis, vu la condition de distribution de contraceptifs.  Cette campagne échoue et est abandonnée après quelques années car ne respectait pas les valeurs culturelles et chrétiennes de la population.

Début de l’activité de Planification Familiale Naturelle (P.F.N.) : 1ère session, message de la Conférence Episcopale du Kivu, « Quiconque est contre la vie contredit le plan de Dieu »,  lettre pastorale de Mgr MULINDWA pour appuyer ce message.

Début du financement des projets des Hôpitaux Généraux de Référence, Centres de santé, session de formation,  et peu à peu la couverture sanitaire s’améliore.

  • 1984 : Construction du  premier  bâtiment de la Pharmacie Diocésaine.
  • 1985 : négociation et signature de la convention pour l’Hôpital Général de Référence de Kabare. Peu à peu début des activités après analyse des priorités.

Construction – réhabilitation des hôpitaux et centres de santé.  Les médicaments étaient encore insuffisants.

La couverture sanitaire atteignait  moins de 20 % de la population.

  • 1986 : Début de l’unité de production des perfusions.

Evolution progressive des activités en respectant toujours la politique nationale de la santé et en bonne collaboration avec l’Inspection Provinciale de la Santé.

  • 1990-1992 : Synode Diocésain : le problème Sida est évoqué, le BDOM est responsabilisé pour intégrer le volet Sida dans ses activités.
  • 1992 : Début des activités du Comité Diocésain de Lutte contre le Sida (CODILUSI) avec 3 services.
    • Information, Education et Communication, (I.E.C.) qui aura comme fondement « l’Education aux valeurs, base de toute lutte contre le Sida ».

Première édition d’un ouvrage Guide de l’Educateur,  qui a été utilisé pour les premiers formateurs.  Après des contacts avec le Centre National d’Education à la vie, adoption des livres de l’Education à la vie pour tout le Diocèse.

  • Prise en charge médicale qui comprend
  • l’appui aux malades,
  • la sécurité des transfusions sanguines par le lancement de l’Amicale des Donneurs Bénévoles de Sang.
  • l’encadrement des personnes vivants avec le VIH, Groupe Sainte Thérèse.
    • L’appui communautaire aux orphelins du Sida en collaboration avec les communautés et paroisses.
  • 1993 : Départ en retraite de Mgr MULINDWA
  • 1994 : Arrivée des réfugiés. Le B.D.O.M. est engagé dans leur accueil et les soins médicaux à leur assurer en collaboration avec la CARITAS.

: Arrivée des sœurs à Burhinyi

: Arrivée des frères de la Charité qui furent sollicités par le Diocèse pour débuter la prise en charge des maladies mentales.

  • 1995 : Signature de la convention de gestion du complexe HGR, Clinique et Grand labo avec l’Etat pour l’HGR de Bukavu.
  • 1995-96 : Construction de l’extension de la Pharmacie Diocésaine et démarrage des activités dans ce nouveau bâtiment.

: : Début des activités d’aménagement de l’HGR de Bukavu.

  • 1996 : Début de travaux de construction de l’unité de production d’emballages plastiques.

Projet Programme d’Appui Transitoire au Secteur de Santé (P.A.T.S.) : appui aux zones de santé.

  • à la demande du mini synode : début des mutuelles de santé à Idjwi-Sud.
  • Début du partenariat entre les Mutualités chrétiennes de Tournai et le BDOM.
  • 1996 : 29/10 : La première guerre, décès de Mgr MUNZIHIRWA : pillage, destructions méchantes des infrastructures sanitaires. Le personnel du BDOM s’est engagé pour maintenir les formations médicales ouvertes et soigner malgré les multiples difficultés.
  • 1996-1998 : Réhabilitation des infrastructures sanitaires et rééquipement.
  • 1997 : Décès de Mgr MULINDWA
  • 1998 : 2ème guerre, moins meurtrière et violente au début mais par sa durée et ses nouvelles formes de violences, plus meurtrière et dévastatrice que la première,  car plus de 200 attaques de nos formations médicales eurent eu lieu, sur les routes, dans les maisons et les communautés.  Mais le courage des équipes médicales est resté le même, ils sont restés fidèles à leur poste.
  • 1998 : Transformation du Centre de Santé Nyantende en Centre Hospitalier à la demande du mini-synode, restructuration des secteurs diocésains en commission et création de deux commissions distinctes. Commission Diocésaine de la Santé (C.D.S.) et Commission Diocésaine du Développement.  Des nouveaux textes du Règlement d’Ordre Intérieur (R.O.I.) de la C.D.S (Commission Diocésain de la Santé)  et du Bureau Diocésain des Œuvres Médicales (B.D.O.M.) sont soumis à la hiérarchie.
  • 2000 : Relégation de Mgr KATALIKO à Butembo – Retour le 16/9/2000. Départ pour Rome et décès le 4/10/2000.
  • En dépit des difficultés continues et malgré les guerres, le développement du secteur médical s’est fait tant en ville que dans les milieux ruraux. L’HGR de Bukavu  a fait  peau neuve et s’enrichit de nouveaux patrimoines dont l’amphithéâtre.

Les premières femmes violées sont connues et  prises en charge médicalement dans le cadre des formations médicales.  Le Docteur Rau absent de la région depuis 1994 et voulant perpétuer son œuvre, donne procuration au Diocèse pour le Conseil d’Administration (C.A.) du Centre Médical Docteur Rau de Ciriri.

  • Les démarches administratives débutent pour ce dossier.
  • 2001 : Les activités médicales continuent et s’étendent malgré la guerre grâce aux différents projets Louvain Développement (Belgique), Miséreor (Allemagne), Cordaid (Hollande), Secours Catholiques (France), Caritas (Belgique), Memisa (Belgique) et d’autres encore.
  • 2002 : Début des activités médicales dans les bâtiments de la Fondation Dr Rau à Ciriri, suite aux menaces des militaires de s’y installer et à la demande de la population de débuter les activités.  Reconnaissance de ce complexe médical par l’Inspection Provinciale de la Santé en tant que HGR de Kadutu.
  • 2003 : Démarrage de l’HGR Mubumbano en mars. Attaque, destruction, pillage en avril.  Départ à l’Institut Jean-Paul II de Madame Odette et sa famille, Responsable du service de Planification Familiale et Naturelle.
  • 2004 : Reprise des activités à l’HGR de Mubumbano.

Discussion sur le nouveau partenaire pour la Fondation Médicale de l’Université de Louvain en Afrique Centrale (FOMULAC) : signature  avec Louvain Développement du partenariat avec l’Archidiocèse de Bukavu.   (La Fondation Médicale de l’Université de Louvain en Afrique Centrale ,FOMULAC, avait fondé autrefois un hôpital à Katana, et cet hôpital a gardé ce nom habituel « FOMULAC » même après la disparition de la Fondation).

  • Découpage de la Province du Sud-Kivu en 34 Zones de Santé et 7 nouvelles zones de santé sont confiées au BDOM comme intervenant principal, ce qui porte à 7 le nombre d’Hôpitaux du Diocèse plus 4 Hôpitaux d’état gérés par le Diocèse.
  • 2005 : Reprise des activités médicales à l’HGR Fondation Médicale de l’Université de Louvain en Afrique Centrale,   Ces activités sont gérées par le B.D.O.M.

Retour de Madame Odette dans le cadre de Planification Familiale Naturelle (P.F.N.)

9/10/2005 : Décès de Mgr Charles KAMBALE MBOGHA      .

Impact sur la pastorale d’ensemble du Diocèse.

            Par ses activités le B.D.O.M. participe à la promotion de la santé physique, morale et spirituelle, par la formation humaine et chrétienne qu’il donne à son personnel et la prise en charge spirituelle des malades, il forme des chrétiens responsables.

            Son Programme d’Action Familiale contribue à la parenté responsable dans la ligne de la doctrine sociale et familiale de l’Eglise.  Il contribue à la formation des couples, à la parenté responsable par le  dialogue en couples et des commissions paroissiales de la Famille ; le BDOM  est membre de la Commission Diocésaine de la famille.

            La Mutuelle de Santé permet l’accessibilité aux soins de qualité à toutes les couches de la population et crée un esprit de solidarité entre la population.

            Son projet Sida par le service Education à la Vie en collaboration avec la Coordination des Ecoles Conventionnées Catholiques, les paroisses et les formations médicales contribue à l’éducation des jeunes aux valeurs et au respect de la vie et de la  personne.

            La Pastorale de la santé s’implante dans les paroisses, la journée des malades est célébrée chaque année avec intégration des Communautés  Ecclésiales Vivantes (C.E.V., petites communautés de chrétiens dans les paroisses)  et des autres mouvements de spiritualité.

Par la présence constante du personnel médical, la réhabilitation et le maintien de nos structures médicales pendant ces guerres, le BDOM a fortement contribué au maintien de la paix, à la réconciliation, à la pacification et au retour et stabilisation de la population.

Perspectives d’avenir

  • Continuer les appuis aux zones de santé et poursuivre l’amélioration de la couverture sanitaire et de la qualité des soins par le renforcement et l’encadrement du personnel et l’amélioration des équipements médicaux.
  • améliorer la gestion de toutes les ressources à tous les niveaux.
  • Poursuivre et intensifier les mutuelles de santé pour une meilleure prise en charge des soins par la population et renforcer la solidarité, en sensibilisant toutes les couches de la société pour leur adhésion.
  • Renforcer la Commission Diocésaine de la Pastorale de Santé (C.D.P.S.) en cherchant un financement afin d’intensifier la formation spirituelle de notre personnel et la prise en charge spirituelle des malades.
  • Formation continue du personnel médical en O.R.L., Chirurgie et Santé publique, ect…
  • Formation d’un abbé en théologie de la pastorale de la santé y compris l’éthique.
  • Intégrer à la prise en charge médicale des personnes âgées dans les mutuelles de santé en collaboration avec la Mutualité Chrétienne de Hainaut Picardie.
  • Renforcer le partenariat avec la Belgique.
  • Lancer la production locale des seringues à usage unique et renforcer la capacité de production du laboratoire pharmaceutique.
  • Réaliser le montage local du matériel et équipement pour l’énergie solaire afin d’améliorer l’aménagent des structures sanitaires rurales.

L’Eglise à la suite du Christ poursuit son œuvre auprès des malades, des délaissés et des pauvres et c’est la mission que le BDOM au nom de l’Eglise veut poursuivre à travers toutes ses activités. « Témoigner de l’Amour du Christ en contribuant à l’amélioration de l’état de santé de la population dans l’Archidiocèse de Bukavu ».

Après  la prise de retraite de Mlle Maria MASSON et   le départ de Mme LELIA DE CHORIVIT, qui en a été Directrice par intérim jusqu’au 15 mai 2018 , Le BDOM a un nouveau Directeur en la personne de Mr l’Abbé PAUL NTAMULENGA BABIKIRE depuis ce 11 juin 2018. 

« Le nouveau Responsable est assisté dans sa fonction par le Directeur Adjoint  Docteur André NTABOBA MUHALIRA pour le meilleur fonctionnement et l’administration de cette institution d’appui aux formations médicales », lit-on dans le communiqué officiel  conjointement  signé par  le Vicaire Général, Mgr Pierre BULAMBO LUNANGA  et l’Abbé Emile MUSHOSHO MATABARO, Vicaire Episcopal aux Affaires Economiques et Chancelier.

Les changements ainsi opérés à la Direction de notre Bureau Diocésain des Oeuvres Médicales, poursuit le communiqué s’adressant  aux organismes d’aide, aux Partenaires, aux  Amis et Bienfaiteurs du BDOM,  sont un appel irrésistible à la continuité des activités de cette structure au service de nos populations. Nous fondons l’espoir que le redressement de
la situation demeure possible avec votre secourable soutien et le regain d’impulsion imprimé à nos équipes de travail.