Homélies

HOMELIE DU DIMANCHE 09/12/2018, A L’INTENTION DE TOUS LES CANDIDATS AUX ELECTIONS

Chers frères et sœurs

Comme je le disais au début de cette eucharistie, le deuxième Dimanche du temps de l’Avent qui est pour nous chrétiens un temps fort de préparation de la venue de Notre Seigneur Jésus sur terre, la venue du Seigneur dans notre vie, dans nos cœurs.

La parole de Dieu qui nous est adressée, on dirait qu’elle a été aussi préparée pour la circonstance que nous avons à célébrer particulièrement aujourd’hui : prier pour nos candidats à la magistrature suprême, pour les législatives nationales et provinciales.

Comme vous l’avez suivi, une voix dans le désert, la voix de Jean-Baptiste le précurseur du Seigneur. Il connaît l’état de nos chemins, de nos routes, de nos cœurs. Là où il y a des bosses, qu’on les rabaisse, là où il y a des gros trous, qu’on le comble pour que le chemin par lequel Notre Seigneur va passer soit droit. Il est donc évident que vous qui faites la campagne vous racontez ces choses-là. Je ne doute pas que vous êtes en train de faire des promesses pour convaincre les électeurs pour pouvoir élire en votre faveur. Il m’arrive de regarder, ici chez-nous à Bukavu, nos chemins ne sont jamais droits, surtout quand on ose passer dans nos quartiers pourtant nous avons une administration qui est sensé gérer de manière urbanistique la cité. On m’a dit qu’il y a des endroits, où quand il y a décès, on ne sait même pas mettre le corps dans le cercueil, tellement qu’on ne saura pas le retirer de là pour le cimetière Nos chemins sont sinueux. Le Seigneur nous demande aujourd’hui de les rendre droit. Nos routes font la honte du monde entier pourtant il y a une administration… C’est chaque jour qu’on doit entretenir les routes dans un pays, pour que  le moindre trou qui se présente soit comblé le plus tôt  et que la destruction ne soit pas grande. Nous faisons de programmes, des promesses presqu’impossibles et qu’on réalise difficilement où pas du tout.

 Jean Baptiste citant Isaïe nous invite à les combler tous. Mais le plus important, ce sont nos cœurs. Je nous regarde vivre, marcher, on dirait qu’on a même plus de conscience. Les habitations désordonnées que nous avons, la manière de conduire que nous connaissons, même les manières de marcher, de nous croiser les uns des autres, montrent bien l’état de nos cœurs ; ce désordre- là, c’est ce qu’il y a dans nos cœurs. Pourtant nous avons pleins de diplômes,  des gens qui ont étudié, avec des spécialités mais qui ne peuvent pas corriger ces choses.

La Parole de Dieu est connue, et nombreux parmi nous comme nous remplissions cette cathédrale aujourd’hui  sont chrétiens catholiques : ils connaissent la Vérité, la Vérité de Dieu. Ils connaissent aussi la loi et la loi d’un pays, mais les cœurs : est-ce que nos cœurs sont sensibles à cette Parole,  est-ce que nos cœurs sont sensibles à la loi du pays, est-ce que nos cœurs sont sensibles à la vérité des choses ? C’est par là que le Seigneur veux nous toucher tout droit aujourd’hui en nous demandant non seulement de préparer sa venue mais de préparer aussi dans notre pays une véritable alternance  au pouvoir,    et pas une alternance pour remplacer les hommes, mais surtout pour remplacer les cœurs. Parce que ce ne sont pas les corps humains, ce ne sont tous ces diplômes,  ce ne sont  même pas les sacrements qui peuvent redresser la situation mais c’est la conversion  des cœurs qui peut changer l’état de choses !

Le prophète Isaïe l’a rappelé dans la première lecture en touchant ce que le prophète Jean-Baptiste a repris : quand est-ce que nous verrons le peuple d’Israël, la Jérusalem de Dieu accueillir ses enfants dans la joie, dans la paix, dans la justice et dans la vérité ? Quand viendra donc ce moment-là ?

Depuis cinquante-huit ans passés déjà, l’accession à l’indépendance a fait des promesses que je dirais fallacieuses à notre peuple ; nous avons critiqué l’époque coloniale mais jusqu’aujourd’hui nous n’avons pas fait mieux !

La colonisation, partant même si nous mettons depuis 1885 et officiellement depuis 1908 jusqu’en 1960, elle n’a duré maximum qu’une soixantaine d’année, et depuis ce temps, nous avons dit qu’il n’y avait pas d’intellectuels le 30 juin 1960, il n’y en avait que 6 dont un prêtre de chez-nous, mais aujourd’hui il y en a combien ?

Nous avons des universités dans nos villages, des universités de villages. Nous sommes les seuls à en avoir ! Nous sommes pleins des diplômes et des diplômes obtenus non pas dans ces universités de bananeraies mais des universités d’Europe. Pourquoi nous continuons à penser que nous sommes au lendemain de l’indépendance, puisque tout le temps on s’y réfère encore au lieu de dire depuis le 30 juin 1960 jusqu’à nos jours : voici les prouesses réalisées par les congolais après la période coloniale ! Quand est-ce que le peuple du Congo, le peuple de la capitale sentira que le Seigneur est présent au milieu de nous ? Nous vivons une période de paix, de justice, de développement durable avec les maux actuels parce que nous avons des responsables soucieux des biens de ce peuple-là comme le Seigneur qui nous a créés à son image et qui nous a confié la terre en gestion le souhaite pour toute personne humaine et même pour toute créature. L’Apôtre Paul dans la deuxième lecture est confiant. Il sait que ceux-là qui ont cru, qui ont reçu les sacrements de Dieu pourraient encore faire changer l’état des choses. Et les présente de manière très positive  dans le petit passage que nous venons d’entendre aujourd’hui. Il nous montre les perspectives et la garantie de construire une véritable cité,  un pays bien géré, c’est une responsabilité qui nous incombe à nous tous.

Depuis l’accord de la Saint Sylvestre, notre église est entrée dans l’accompagnement du politique de notre pays, avec espoir qu’il y a encore possibilité que au moins  ceux qui nous écoutent, et pas nous les humains que ceux qui écoutent la Parole de Dieu puissent contribuer tant soit peu au bien-être de notre pays. Nous avons été impliqués dans la préparation du calendrier jusqu’à sa publication et on a fixé cette date du 23 décembre que tous nous attendons très impatiemment espérant que cette fois-ci nous aurons des personnes décidées à accompagner le peuple pour un bonheur qu’il a attendu depuis longtemps.

Notre église particulièrement d’ici à Bukavu nous avons organisé une chaîne de prière pour accompagner le processus électoral. Que cette chaîne ne soit pas interrompue afin que chaque jour, qu’à chaque instant il y  ait quelqu’un de notre Diocèse qui prie pour de bonnes élections, pour une bonne alternance au pouvoir, pour une bonne gestion de la chose publique. La chaîne continue jusqu’au 31 décembre, ça signifie que le 23 décembre, le jour des élections il y ait une paroisse qui sera en train d’élever les mains à l’exemple de Moïse au front pour que tout se passe très bien.

Nous avons toutes sortes de discours, toutes sortes de langage, et c’est tout à fait normal que les nouveautés fassent peur ! mais, allons non seulement prier mais aussi allez vers ces élections-là, en hommes responsables, civilisés, éduqués et instruits.

J’ai parfois dit de prendre ces élections comme un match de football où deux enfants de la même famille peuvent jouer dans les équipes différentes. Chacun veut gagner mais au bout du match l’on doit se rendre compte qu’il y a eu un gagnant et un perdant. Ce n’est pas une occasion de se faire la guerre. Vous retournez en famille par la même porte, la vie de communion fraternelle devra  continuer normalement sans privilégier le gagnant par rapport au perdant pour le bien de la famille.   

Je remercie notre province en général et notre diocèse en particulier car en 2011, vous avez fait ce fair-play car aux dires de ses dirigeants, c’est l’unique province ou n’a entendu des coups de feux avant, pendant et après les élections, il n’y a pas eu de bagarres ici et là ! Il y a eu des gagnants et des perdants. Ces élections du 23 décembre 2018 seront comme un match-retour : les gagnants tout comme les perdants de  2011, doivent  se préparer à gagner et malgré tout, il y aura des perdants mais toujours dans la paix des enfants de Dieu  avec un esprit de fair-play car ce sont des choses qui passent ! Et ces choses qui passent, nous les gérons dans la perspective des celles qui ne passent pas : la Gloire de Dieu que nous devons tous ensemble rechercher. Quand le Christ viendra, comme nous le rappelle la Parole de Dieu d’aujourd’hui, dans quel état nous trouvera-t-il ? Trouvera-t-il  que nous avons aplani le chemin, nous avons  que nous avons rabattu les collines et que nous avons comblé les trous pour qu’il passe convenablement ? C’est cela le regard à avoir.    

Puisque nous vous avons accompagné par la prière, il nous a paru obligatoire de vous bénir maintenant que vous avez déjà commencé la campagne électorale. Veuillez m’excuser pour ne l’avoir fait avant, j’étais absent du diocèse. Maintenant à peine de retour  je vous ai invité tous indistinctement afin de recevoir la même bénédiction, dans une même célébration et dans cette cathédrale, comme pour vous dire notre volonté de vous voir aller tous dans votre campagne, d’aller aux élections avec les mêmes chances et toujours dans le respect des normes exigées. J’ai lu le code de bonne conduite et je pense qu’il est plein d’enseignements à ce sujet.

A nôtre tour nous avons éduqué notre peuple  et tous, vous en êtes témoins ! Notre peuple a été éduqué à travers le programme d’éducation civique et électorale de la Commission électorale,  ainsi que de notre Commission Diocésaine Justice et Paix et dans nos paroisses et institutions.

Nous souhaitons chers frères et sœurs, qu’il n’y ait personne qui injurie l’autre, ou qui attente aux biens de l’autre, mais que vous tous fassiez comme ceux qui vont sur un terrain de sport avec fair-play et  qui à la fin rentrent dans la paix et dans la joie en famille en acceptant le verdict des urnes.

Il est donc normal qu’aujourd’hui  nous vous bénissions tous mais,  les perdants seront évidemment nombreux !  J’avais pensé organiser comme des élections primaires mais vous n’avez pas mordu à mon idée !  Comment se fait-il que pour cinq sièges, vous vous présentiez à cent cinquante candidats ! C’est évident qu’il y aura cent quarante-cinq perdants. Espérons que vous y avez réfléchi.  Mêmement,  pour deux sièges, vous vous présentez au nombre de cent soixante-deux candidats.  Par ailleurs nous apprenons qu’il y a deux candidats de la même famille pour un même poste, vous vous fragilisez déjà, vous amoindrissez vous-mêmes vos chances de gagner en divisant votre électorat !

Pendant la campagne, le peuple applaudit presque tous les candidats et attend de tous les candidats des cadeaux de campagnes ! Réfléchissez-y  ! Malgré cela tous ne seront pas élus.

Tous vous êtes frères et sœurs, tous vous êtes nos enfants !  Nous vous enjoignons encore une fois, quels que soient les résultats des urnes,  ne vous vilipendez pas les uns les autres, ne créez pas des conflits entre les gens.  Après les élections, tous ensemble nous reviendrons ici prier pour les élus indistinctement, car ils appartiendrons à toute la province et à la Nation Congolaise entière et non plus à leur seule famille politique ou biologique ! Nous viendrons les féliciter, non pas par mépris pour  les perdants, mais ce sera pour les encourager à mettre en pratique ce que la Parole de Dieu nous dit aujourd’hui : « les trous, on en a marre ! Les collines, on en est fatigué ! Les injustices, c’est trop et ça a trop duré,  malhonnêteté dans la gestion de la chose publique il faut qu’un jour ça finisse ». Alors je vous appelle tous ensemble : « Les candidats du véritable changement », pour que notre peuple puisse, à travers nous ici commence à voir le bout du tunnel et espérer que nous allons vers la sortie et une sortie heureuse.

A l’extérieur, on se moque de nous, je vous assure, même si quelques-uns d’entre nous y sont reçus et applaudis de manière protocolaire, nous sommes pratiquement la risée de l’humanité entière  alors que notre pays est dirigé par des personnes dont les niveaux d’études (diplômes) montrent qu’ils sont capables mais on ne sait pas ce qui enlise leurs jambes et leurs têtes pour qu’on en arrive à une incapacité spectaculaire sur terrain. Parmi vous, il n’y en a pas dont leurs avoirs sont gelés à l’étranger et l’interdiction de fouler un jour les Un jour je suis arrivé à l’Union Européenne, on m’a montré la liste. Et moi je leur ai fait cette reflexion : « en gelant leur avoirs, c’est nous le petit peuple que vous sanctionnez ». Comment ça ? m’ont-ils rétorqué !  Car, poursuivis-je : « étant aux affaires, vous leur donnez l’occasion de se servir bien beaucoup plus et à gorge déployée. Quand ils prennent, c’est chez nous et pas chez vous qu’ils prennent, et bien plus il n’y a pas que chez vous qu’ils peuvent investir, ils peuvent aller ailleurs ! Il serait mieux, que ces biens gelés soient renvoyées ici chez-nous pour être utilisés pour les fins auxquelles ils étaient destinées. C’est cela la bonne sanction.   Quelqu’un par exemple qui a dix milliards de dollars en un laps de temps, sans en avoir légitimement hérité, c’est que c’était un fond destiné à quelque chose d’important, comme une  route, un aéroport, etc. Revoyez cet argent au pays et avec une équipe d’experts qui viennent gérer et veiller à ce que ces fonds ne soient pas détournés… » Et à eux de me répondre : « moralement vous avez raison, mais juridiquement non ! ». J’ai compris.

Mais qu’à cela ne tienne ! Nous devons nous sanctionner nous-mêmes : au lieu d’investir l’argent à l’étranger où ça crée des emplois, ça fait des salaires, ça arrange les pays d’autrui alors que chez vous vous ne savez pas arriver à domicile ! et vous vous proclamez riches ! Quelle sorte de richesse cela ? Vous venez ici, roulant à bord des véhicules commandés  directement à l’usine  mais qui n’arriverons jamais chez vos parents, faute de routes ! Ça sert à quoi ? Il y a là matière à réflexion.

 Et, quand nous prions devant le Seigneur qui  voit tout, et qui connaît tout c’est pour qu’il nous dise ce que nous devons faire pour le bien de tous ses enfants, créés à son image et ressemblance, ayant les mêmes droits à la vie et les mêmes devoirs de justice distributive et d’adoration.  C’est dans ce sens que nous prions pour vous afin que vous soyez de bons gestionnaires. Et en vous bénissant en vous aspergeant de l’eau bénite, – pour autant que vous y croyez-, dans une démarche individuelle de procession vers l’autel de Dieu et  en présentant pour cela soit la tête, soit les mains, soit le visage et autres endroits… où vous pensez situer et capitaliser  vos chances d’être élus, nous  vous souhaitons « Bonne Chance » et nous espérons qu’avec cette bénédiction, vous puissiez, un tant soit  peu, prendre conscience pas de ce que Mgr l’Archevêque vous  dit, mais ce que Dieu vous demande  pour le bien des Congolais,  ses enfants.

La bénédiction concerne tout le monde ; quant à la Communion eucharistique, c’est  seulement les catholiques et seulement ceux qui sont en état de grâce  (i. e ceux qui se sont confessé leurs péchés chez les prêtres) qui pourront s’avancer pour recevoir le Corps du Christ. Il est donc évident que les non catholiques connaissent la différence entre les deux moments (l’eau bénite et l’Eucharistie) car qui communie au corps du Christ sans en avoir la possibilité spirituelle « mange et boit sa propre condamnation » ! 

En fin de compte vous recevrez encore tous la bénédiction à la fin de la messe et la formule de renvoi (sortie) : « Allez dans la paix du Christ » qu’il ne faut nullement considérer comme venant d’un homme mais de Dieu  qui veut  vous accompagner dans cette campagne à travers notre Province et à travers notre pays afin que vous sachiez que si vous êtes élus, vous n’êtes plus élus des hommes mais élus de Dieu pour que vous annonciez  l’Evangile ; l’Evangile de la bonne gestion de la chose publique dans le domaine qui est le vôtre.   

Après cette homélie, nous proclamerons le Credo où nous confessons notre foi nous tous et que nous voulons présenter comme  premier le signe de notre souci de bâtir un pays où il fait beau vivre, un pays que non seulement on envie et qu’on exploite par l’extérieur mais  un pays qu’on envie et où on investit pour le peuple à qui Dieu a confié cette richesse, cette beauté et cette grandeur-là.

Chers frères et Sœurs,  puisse le Seigneur être avec vous, et qu’il vous accompagne partout pour que vous fassiez dignement votre campagne et que les élections se déroulent dans la paix des enfants de Dieu et qu’après ceux qui auront remporté reçoivent la responsabilité de gérer pour nous tous parce qu’ils ne seront plus  candidats ou élus de l’un ou de l’autre regroupement politique mais ils seront les élus de tout le peuple congolais qui attend d’eux  ou de lui un travail digne reflétant la vérité qu’il a annoncée au cours de sa campagne.

Chers Frères et Sœurs, puisse le Seigneur nous bénir nous aussi les électeurs, des millions d’électeurs, pour que – quand bien-même nous acceptions les cadeaux de campagne de tous les candidats, par exemple les t-shirts et les képis que nous changeons pour la visibilité au fur et à mesure qu’ils arrivent pour plaire aux yeux – , quand le moment venu d’élire viendra, nous choisissions utile, nous choisissions juste, nous choisissions bon, nous choisissions confiant pour espérer qu’une fois au pouvoir, ils nous aideront à construire.   Et que ceux qui seront perdants s’arment mieux pour aider les élus à faire leur travail.  Et que l’Eucharistie que nous allons recevoir tous ensemble nous donne ce réconfort là et nous assure pour construire chez-nous un petit paradis qui nous fera vivre en petit le grand paradis que nous attendons à la fin des temps quand nous Le verrons face à face, Lui qui vit et règne pour les siècles des siècles.

AMEN !

30 juin 2019

59ème anniversaire de la Fête de l’indépendance de la RDCongo

DIMANCHE DU SACRE-CŒUR DE JESUS

HOMELIE DE MGR l’ARCHEVEQUE DE BUKAVU devant les forces vives de la Province du Sud-Kivu dont le Nouveau Gouverneur élu.

Comme tous les dimanches, les chrétiens se rassemblent pour prier. Pour nous les Catholiques, la prière du dimanche est fondamentalement Eucharistie. Nous nous rassemblons pour célébrer l’Eucharistie en mémoire du Christ ressuscité pour nous donner la vie éternelle. Nous venons auprès de lui avec nos joies et nos peines de la semaine écoulée.  Nous lui disons Merci pour les merveilles accomplies pendant la semaine et nous luis présentons nos offrandes en reconnaissance pour ses  bienfaits. Nous lui demandons aussi pardon pour nos multiples  péchés parce que c’est chaque jour, que d’une manière ou d’une autre en pensée, en paroles, par action et par omission, nous l’offensons. Et lui-même nous purifie pour nous aider à accéder à son corps et son sang.  Aussi, nous lui présentons nos supplications pour la semaine qui commence.  Et puisque nous savons qu’il nous aime, qu’il nous exauce, nous sommes toujours heureux de célébrer l’Eucharistie. C’est une habitude que nous devons avoir et pas de manière instinctive mais en sachant que nous allons au rendez-vous avec notre Dieu, notre Sauveur, notre vie.

Ce dimanche est particulier car nous fêtons le « SACRE-CŒUR de Jésus ». Ce cœur qui nous a aimés jusqu’à être transpercé sur la croix pour faire jaillir sur nous l’amour de Dieu qui nous apprend de quelle manière nous devons nous aimer  les uns les autres.  

En célébrant le Sacré-Cœur de Jésus, chacun de nous est invité à regarder un peu son cœur.

En Mashi, on dit : « OMURHIMA YE MUNTU ! » littéralement « Le cœur, c’est l’homme ! »   Quand quelqu’un accomplit des bonnes actions, on dira facilement : « Il a bon cœur »… « Il est bon ». Si, au contraire ce sont des mauvais actes, on dira « Il n’a pas bon cœur…Il est mauvais ». La bonté très souvent se reflète sur la beauté du corps.  Le Cœur sacré de Jésus est un BON cœur.   Suis-je bon ou mauvais ? La réponse est en référence en la bonté du cœur de Jésus. Un cœur bon est soucieux du bien-être de tous. La Bible parle du « Bon Pasteur » en rapport avec la manière de se soucier de ses brebis.

                Cinquante-neuf  ans après l’indépendance, nous n’avons pas évolué d’un pouce. Au contraire, on  parlerait même d’une certaine régression : Pas de nouvelle routes construites depuis…, et même les quelques belles routes d’avant l’indépendance se sont délabrées progressivement. Pas d’usines ici chez-nous, pas d’emplois…si ce n’est que la Bralima et à la Pharmakina, à peine.

Le fleuve Congo, depuis le Lualaba au Katanga jusqu’à l’embouchure, coule allégrement vers l’océan sans vraiment être exploité :  ni pont reliant les deux rives à Kisangani par exemple où les gens se noient à bord d’embarcations de fortune… Loin d’être prisonnier du passé, il est temps de se mettre au travail, de réaliser petit à petit ce que Dieu attend de nous dans ce beau, grand et riche pays qu’il nous a gratuitement confié.    Cette journée a été déclarée jour de fête dans la méditation !  Cela est vrai au moins pour nous qui participons à cette Eucharistie. Et les autres sont partis méditer où et comment? Alors, un mot profane : « REFLEXION » ! A réfléchir à quoi ? Un sursaut d’orgueil devait nous amener à dire ! « Faisons quelque chose ! »

En cette fête du Sacré-Cœur de Jésus nous invite à réfléchir ; Il convient de se poser la question de savoir quel cœur avons-nous vis-à-vis de notre Eglise, de  notre nation, de cette belle nature  que Dieu nous a donnée. Nous avons échappé à ce que certains appelleraient HECATOMBES à cause des élections qu’ils croyaient chaotiques ! Grace à Dieu, tout s’est relativement bien passé

Entrons plutôt dans la 60ème année de notre indépendance avec un élan nouveau.   De nouvelles résolutions. Ayons un regard vers l’avenir en nous engageant dans le présent. Qu’en la fête de la soixantième  année de l’Indépendance du pays, nous ayons quelque chose de positif à présenter à notre peuple.  La partie Est de la RDC n’est toujours pas en paix ! Nous devons nous unir à nos frères qui sont en débendade !  Ituri…Béni avec Ebola, la plaine de la Ruzizi est encore pénible à traverser, le territoire de Fizi est presque inaccessible…. Il y a comme on dirait : il y a « du pain sur la planche » ! Dans notre prière de supplication s’oriente aujourd’hui dans le sens de prier pour que nous batissions un Congo où il fait beau vivre.

Nous avons pour cela besoin d’être accompagnés par la grâce de Dieu… « Donne-nous Seigneur un cœur nouveau ! Mets en nous Seigneur un esprit nouveau ! »

Bonne fête de l’indépendance à tous !

Le Seigneur soit avec vous !