Paroisses

Liste des paroisses regroupées par Doyennés.

Doyenné Paroisses Saint Patron Année  de création
1 Bukavu I 1. Ibanda Notre Dame de la Paix     1949
2. Cahi Saint Jean-Baptiste     1971
3. Nguba Saint Pierre Claver     1981
4. Muhungu Mater Dei     2004
5. Panzi Saint Guido Conforti     2014
2 Bukavu II 6. Kadutu Saint François Xavier     1952
7. Bagira Sainte Famille     1955
8. Burhiba Sainte Thérèse     1963
9.  Ciriri Saint Charles Lwanga     1963
10. Cimpunda N.D. de la Miséricorde Divine     1973
11. Buholo Sainte Trinité    2014
12. Karhale Saint Palloti    2017
3 Mwanda 13. Mwanda Saint Lambert     1910
14. Birava N.D. de la Divine Providence     1969
15. Kalehe-Ihusi Vierge Puissante    1989
16. Nyabibwe Saint Paul Miki     1993
17. Irambo St M.J. Rossello    1999
4 Idjwi 18. Kashofu Marie Médiatrice    1936
19. Bumpeta Saint Matthias Mulumba    1967
20. Lwamarhulo Saint Michel Archange    2007
21. Kamole Saint Sacrement    2009
5 Kabare 22. Kabare Saint Joseph    1922
23. Murhesa Saint Pie X    1958
24. Mbobero Saint Paul Apôtre     1975
25. Bunyakiri Yesu Mshindaji    1983
26. Kavumu Immaculée Conception    1990
27. Kalonge Saint Christophe     1994
6 NYANGEZI 28. Nyangezi Saint Pierre Apôtre     1906
29. Nyantende Notre Dame du Congo     1960
30. Ciherano Saints Martyrs Baganda     1962
31. Luhwinja Saint-Esprit     1974
32. Burhinyi Saint François d’Assise     2004
33. Kaziba Christ Roi     2007
34. Mumosho Saint André     2012
7 BURHALE 35. Burhale Saint Jean Apôtre     1921
36. Walungu Sainte Bernadette     1952
37. Mubumbano Bienheureuse Anuarite     1987
38. Kaniola Reine de Tous les Saints     1990
39. Mugogo Saint Matthieu     1998
40. Mulamba Sainte Claire     2012

PAROISSE D’IBANDA- CATHEDRALE NOTRE DAME DE LA PAIX

Des origines …

                                   DE LA PAROISSE NOTRE-DAME DE LA PAIX  (1947-1960)

                1. LES MOBILES DE LA CRÉATION DE LA PAROISSE

Alors qu’en 1900, Bukavu n’est encore qu’un poste militaire et que, dans tout le Kivu, l’administration coloniale est d’abord militaire, celle-ci va devenir progressivement civile, c’est ainsi qu’en 1933, Bukavu connaît déjà plusieurs changements de point de vue administratif. Cette évolution a été aussi enregistrée au Rwanda-Burundi avec les Allemands en 1908.

L’année 1933 est une date importante dans l’histoire de la ville de Bukavu parce que c’est en cette année que celle-ci fut élevée au rang de chef-lieu de la province du Kivu et que plusieurs familles européennes commencèrent à y arriver.

Le commissaire provincial était monsieur MORTEHAN.

Les européens se concentrèrent dans la partie qui constitue aujourd’hui la zone d’Ibanda, communément appelée ‘’la ville’’. Depuis la fondation de la mission Sainte THERESE à Burhiba, la chapelle-école de Ntendere avait été supprimée. Néanmoins, les Pères missionnaires continuèrent pendant un temps à y célébrer quelques fois la messe dans une baraque. Seulement, celle-ci se trouvant dans un état déplorable, les prêtres finirent par décider de ne plus y célébrer la messe.

Ainsi, la première raison qui incita les Européens à penser à construire une Eglise à Ndendere, est l’absence d’un lieu de prière dans ce quartier habité par eux.

Une autre raison qui avait poussé les Blancs à penser à l’érection de cette Eglise propre à eux, est d’ordre racial.

En effet, l’autorité coloniale ayant établi un fossé entre le colonisateur et le colonisé, le premier trouvait indigne de lui de participer à l’office religieux ensemble avec  le second à la mission Sainte THERESE malgré la ségrégation raciale qui y était opérée en séparant les places des Blancs de celles des Noirs lors de l’office religieux.  L’homme blanc, se considérant supérieur à l’homme noir, ne tolérait pas toute promiscuité avec celui-ci, même à l’Eglise. Il lui fallait donc une église à part.

L’occupation de Bukavu par les Blancs nécessitait la cession des terrains par les autochtones. Cette idée de l’évacuation était conçue par l’administration coloniale depuis 1925. Jusqu’en 1928, l’installation des européens à Bukavu, en particulier les planteurs, s’accompagnaient d’un déplacement désordonné de certains autochtones. Lors de la création du C.N.Ki., organisme chargé de la distribution des terres vacantes, l’administration coloniale entreprit des négociations avec cet organisme en vue d’obtenir légalement des terres où sera implantée la ville. Le C.N.Ki procéda alors à l’évolution des autochtones et l’on imposa en même temps au Mwami KABARE RUGEMANIZI Alexandre de trouver de nouveaux sites pour les déplacés.

Etant donné que les zones de MUHUMBA et NYAMOMA devaient être occupées en premier lieu par les Blancs, les premiers à être déplacés furent le chef NYA-LUKEMBA, les notables RUTAMU de Kasha, MUSAFIRI de NYAMOMA, BANGIRWA d’Irambo et leurs sujets. Toutefois, la date exacte de l’évacuation de chacun de ces notables ne nous est pas connue. Cependant, nous savons que NYA-LUKEMBA fut le premier à quitter. Il alla s’installer d’abord à Ndendere d’où il fut délogé en 1929 pour aller s’installer sur la colline d’Irambo. En 1948, le projet de la construction du Camp Saïo sur cette colline l’obligea de l’abandonner pour aller s’installer définitivement vers CIMPUNDA où sa famille réside jusqu’aujourd’hui.

Quant à RUTAMU, qui occupait les terres de Kasha, le Mwami KABARE lui proposa une parcelle à MBIZA pour qu’il s’y installe avec MBAMGIRWA, à côté de la concession de Monsieur MMEVILLE.    RUTAMU rejeta cette proposition et alla s’installer à Katana. Comme le plan de lotissement prévoyait l’installation des Blancs et plus tard celle du chef-lieu du Kivu à NYAMOMA était déjà dressée, MUSAFIRI fut obligé de céder cette partie pour aller s’installer à CHITUNGA à quelques mètres de la résidence royale où il était appelé pour seconder le MWAMI dans ses multiples travaux.

BANGIRWA, chassé d’Irambo pour céder la place à son chef NYALUKEMBA venu de Ntendere, se dirigea d’abord sur la colline de MBIZA, d’où il fut enfin renvoyé jusqu’à CIRUNGA, comme son frère MUSAFIRI. Après ce premier groupe, les autres seront évacués au fur et à mesure que l’extension de la ville s’affirmait.

L’acte de cession de Bukavu fut signé le 18 octobre 1930.  Ont participé:

  • la colonie du Congo-Belge
  • le représentant du C.N.Ki, le notaire et un délégué
  • le Mwami KABARE.

Après l’appropriation de Bukavu, ce fut l’étape de sa mise en valeur. Cette étape devrait être précédée d’un plan dressé de préférence sur une carte. Jusqu’en 1931, plusieurs projets n’avaient pas encore été mis au point, cependant, voici quelques-uns qui existaient déjà et que le blanc comptait réaliser en vue d’aménager ce territoire.

La partie de NYAMOMA (actuellement la botte) était prévue pour l’installation du quartier administratif et commercial et Ndendere pour l’aménagement des villas pour européens ainsi qu’à MUHUMBA. Sur la colline de Ndendere serait bâtie la Cathédrale et un petit quartier pour l’habitation des Pères Blancs. Sur la colline de MUHUNGU était prévue une chapelle-école pour les Noirs.

                          2. L’ACQUISITION DE LA COLLINE DE NDENDERE

En 1927, la chapelle-école de Bukavu qui fonctionnait à Cibalama depuis 1922, fut déplacée comme nous l’avons signalé, sur le ‘’plateau du festival’’ où elle resta jusqu’en 1929, année de son transfert à Ndendere.

En 1929, la ville de Bukavu est encore en pleine construction. On y trouve que quelques rares maisons. Les constructions de Bukavu avaient évolués jusqu’à l’indépendance. La rareté des maisons avaient été avantageuse aux missionnaires Pères Blancs qui desservaient la chapelle-école de Bukavu.  Ainsi, les missionnaires n’avaient pas seulement pour tâche l’évangélisation des congolais, mais ils s’ingéraient également souvent dans l’administration de ceux-ci et même dans la politique du pays.

C’est pourquoi Ndendere fut finalement concédé définitivement aux missionnaires Pères Blancs qui y intensifieront leur œuvre d’évangélisation.

Les travaux de nivellement pour les constructions y furent entrepris par le Frère WILLY au courant de 1947. Au début de 1948, un subside très conséquent fut accordé par le gouvernement et les sociétés et les fondations de l’église furent posées. Les pères avaient choisi Monsieur VAN DER AUDERA comme entrepreneur. C’est lui qui a construit la première centrale électrique de Ruzizi et, avec Georges DEN DONKER, le pensionnat de la Sainte Famille et le Collège des Barnabites. C’est toujours lui qui avait commencé les travaux de construction de l’évêché de Kasongo au moment de l’indépendance. Il terminera sa carrière au service du gouvernement marocain pour la construction d’Agadir après le tremblement de terre de 1960. Il est mort le 22 mai 1992 âgé de 91ans.

Les prêtres ne pouvaient pas seuls réaliser tous les travaux qui exigeaient un financement important et une main-d’œuvre abondante. C’est pourquoi, ils recoururent à l’aide de l’administration coloniale et des chefs autochtones. Les prêtres avaient pensé également à la nécessité de construire une route menant à la paroisse pour faciliter aux Blancs habitant ce centre urbain d’y arriver régulièrement. Ils avaient aussi contacté Monsieur LOUIS, le Directeur de la SIMAK et son adjoint Monsieur JACQUES. Ces derniers leur avaient rendu beaucoup de services surtout pour la construction de la route, leur prodiguaient des conseils en matière de construction et allaient les visiter au chantier.

L’aide des autorités locales n’a pas été négligeable. Le chef NIGANDA de NYABANGERE et le Mwami KABARE ont donné aux Pères plusieurs travailleurs. Ceux-ci devaient exécuter des travaux obligatoires chez les chefs mais ces derniers avaient préféré les laisser rendre service aux Pères momentanément.

La première pierre de l’Eglise fut posée par Monseigneur Richard CLEIREalors Vicaire Apostolique du Kivu le Dimanche 4 Juillet 1948 après la messe célébrée par le père MOSMANS en plein air. Cette pierre portait les armoiries de l’Eglise et date de la cérémonie.

Avant la pose de la pierre, le père VUYLSTEKE, curé de la paroisse, lut à l’assemblée le parchemin suivant: ‘’en l’an de grâces 1948, sous le pontificat de sa Sainteté PIE XII, Pape, LEOPOLD III régnant, le prince CHARLES DE Belgique étant régent du royaume, RICHARD CLEIRES, Evêque de Claudipolis et Vicaire Apostolique du Kivu. Cette œuvre fut entreprise  par la grâce de Dieu, sera menée à bonne fin, à l’initiative, la générosité et la piété de la population européenne du Kivu. Fait à costermansville, le 4 Juillet 1948. (s) Richard CLEIRE, Vicaire Apostolique, Joseph, Paul Brasseur, commissaire provincial.’’

La parchemin fut signé, placé dans un tube de plomb, enchâssé et scellé par Monsieur le commissaire provincial.

Son Eminence, le Cardinal VAN ROEY, primat de Belgique, chanta à la même heure une messe pontificale à Léopoldville eut la délicate attention d’envoyer le télégramme suivant: ‘’Léo, le 3 Juillet 1948. Occasion pose première pierre Cathédrale Costermansville (Bukavu), je m’associe sur le sol Congolais à religieuse entreprise et envoie cordiale bénédiction collaborateurs. Cardinal VAN ROEY.’’

Monseigneur Cleire y répondit: ‘’Très touchés par votre attention paternelle faisons vœux Dieu protège votre Eminence. Cleire, Vicaire Apostolique.

Voici ce que dit le curé: ‘’Dix jours après cette date dans l’histoire religieuse du Kivu, le frère RENAAT commençait les travaux de nivellement sur la parcelle où devait s’édifier la maison des œuvres Catholiques (la Concordia). Il mena si bien les travaux que le 18 Janvier 1948, tous les soubassements étaient achevés. Monsieur Xavier DIEREKX donateur et fondateur de cette maison put poser la pierre angulaire, en présence de Monseigneur et de hautes autorités de la province.

Quelques semaines après, le 24 février, une nouvelle communauté pouvait s’installer à Ntendere. A la fin de cet exercice, les visiteurs et nombreux passants peuvent admirer le magnifique travail du Frère RENAAT. Notons le record de vitesse, cela grâce au dévouement journalier du Révérend Père THUYSBAERT, E.G., sans oublier la mission de Kashofu qui a fourni les briques et tuiles. Pour avoir des vitraux, le P. VUYLSTEKE, s’inspirant de certaines églises anglaises, avait proposé aux familles nobles de Bukavu de payer un vitrail à leurs armes. On trouve même premier petit vitrail à gauche dans le chœur, un vitrail aux armes de la dernière impératrice du SIAM, épouse de BAO DAI, qui avait une plantation au Kivu comme un lieu de refuge.

L’impératrice était chrétienne: on voit un dragon oriental et la croix. Les vitraux venaient de Belgique  et l’artiste s’appelait MARTENS. La Cathédrale a une acoustique détestable. Il semble que lors de la construction, l’acoustique était excellente jusqu’au jour où elle a été pavée: alors pavé contre le béton donnait des échos qui n’en finissait pas. Les tôles venaient de l’union minière du KATANGA (GECAMINES). C’est-à-dire que les tôles de la Cathédrale sont en Cuivre. Les chaises ont été offertes par Monsieur LIBBRECHT’’ .

La cathédrale a été construite sur le même endroit où il y avait la chapelle. on avait trouvé des vestiges dans les terrassements pour la Cathédrale. En dépassant un peu sur la gauche de l’entrée principale, la végétation était différente, ce qui montrait que ce petit morceau avait connu une autre histoire. (13) Ainsi, le 15 août 1949, Monseigneur aura le bonheur de bénir la chapelle provisoire et d’y célébrer une messe pontificale (l’actuel salle Concordia). Fondée le 24 février 1949 à Ndendere, la Cathédrale fut consacrée par Monseigneur Cleire, le 18 octobre 1951 en la fête de Saint Luc et fut dédiée à Notre-Dame de la Paix.

Nous n’avons pas trouvé des documents pouvant nous renseigner sur le coût des travaux de construction de cette paroisse, plusieurs documents ayant disparus pendant les troubles de 1964.

Il convient de signaler que les Blancs résidents de Bukavu avaient contribué avec 60.000 Francs, collectés en trois mois. (15) tandis que les prêtres VUYLSTEKE et THUYSBAERT se seraient rendus à Léopoldville (Kinshasa) pour solliciter des subsides. Ainsi, avec les dons privés et l’aide du gouvernement, ils ont pu trouver la somme nécessaire.

3. L’ŒUVRE ÉVANGÉLISATION  

L’œuvre d’Evangile a toujours été liée à un engagement social et éducatif, qui au nom de la charité évangélique, répondait aux besoins concrets des groupes humains auxquels les missionnaires annonçaient la Bonne Nouvelle. L’Evangile est un ferment de la liberté, de progrès et se présente toujours comme un ferment de fraternité, d’unité et de Paix.

Mais cette action humanitaire n’était, le plus souvent considérée que comme un préalable ou un complément aux tâches proprement missionnaires

3.1 DIFFICULTÉS RENCONTRÉES

La paroisse Notre-Dame de la Paix de Bukavu est un poste d’aspect tout particulier durant la période coloniale par son caractère éminemment homogène.  Ses chrétiens étaient tous des Européens.  Malgré l’homogénéité de la population, les prêtres de la paroisse Notre Dame de la Paix se heurtaient à certaines difficultés dans leur œuvre d’évangélisation notamment:

l’hostilité des Blancs non Catholiques. Nous avons vu que plusieurs Blancs étaient amis des missionnaires. Quelques autres, en général des employeurs étaient jaloux du succès des Pères et reprochaient à ceux-ci de soutenir les ouvriers, les boys, les Clercs.

Un journal local ‘’Echo du Kivu’’ publiait même des articles hostiles à la religion Catholique.  Même certains chrétiens Catholiques blancs étaient contestataires dans la colonie et remettaient en question certaines réalités chrétiennes traditionnelles. Nous remarquons en fait qu’un certain nombre des blancs avaient constitué un frein à l’évangélisation.

l’instabilité de la communauté chrétienne. La grande majorité de chrétiens de la paroisse était constituée des agents de l’administration qui connaissaient souvent des permutations vers différents lieux et dont la durée de séjour dans la colonie était limitée. Ce qui explique l’instabilité de la communauté chrétienne de la paroisse comme le révèle de Rapport de l’année 1951 de la paroisse où l’on peut lire: ‘’les Belges, c’est la partie la plus importante de membres de la paroisse. La seule sur la quelle nous pouvons exercer une action durable, attentive, c’est l’élément non fixe.

La liste des arrivées et des départs qui nous sont communiqués signalent pour le dernier mois seulement de l’exercice 143 arrivées et 185 départs. On imagine le peur de stabilité relative de la population. Quand un paroissien est bien lancé dans la collaboration aux œuvres, il commence à parler de son départ pour l’Europe, d’où il ne reviendra… peut-être.’’

3.2 LES MOYENS POUR RÉSOUDRE LES DIFFICULTÉS RENCONTRÉES

Le premier élément qui a permis aux missionnaires de faire face aux difficultés qu’ils ont rencontrées dans leur œuvre, est leur grand zèle et celui des enseignants. Ils ont aussi employé d’autres moyens comme les visites dans les familles chrétiennes. Ils ont en outre crée des mouvements d’action Catholique, un centre culturel à la paroisse et des écoles. (20)

3.2.1. Le zèle des missionnaires et des enseignements.

Lors de sa fondation, la paroisse Notre Dame de la Paix contait un bon nombre de chrétiens déjà baptisés car la plupart d’européens étaient baptisés avant de venir en Afrique. Ainsi, dès leur installation sur la colline de Ndendere, les missionnaires s’attelèrent à raviver la foi de ces chrétiens par l’instruction religieuse, assistés par les enseignements.

Dans l’œuvre de l’évangélisation en Afrique, n’oublions pas aussi catéchistes. En effet, ‘’il faut noter la place de choix qu’occupe le catéchiste dans toutes les villes et tous les  villages. Le catéchiste est présent dans la tradition missionnaire au Zaïre. C’est lui qui depuis le commencement de l’évangélisation a toujours apporté une aide singulière et absolument nécessaire à l’expansion de la foi et de l’Eglise. Aussi la fonction du Catéchiste reste-t-elle un des ministères non ordonnés les plus importants dans la communauté chrétienne. Qu’il y ait eu des catéchistes qui ont eu dans leur ministère un temps plein pour une élévation sociale, cela n’est pas un phénomène d’aujourd’hui, il jalonne l’histoire du christianisme depuis les apôtres eux-mêmes… Le catéchiste pouvait être tenté de se considérer comme d’une classe à part ayant des privilèges et des droits sur les autres’’.

Le Dimanche, les pères célébraient quatre messes à 7 heures, 8 heures, 9heures et 10 heures30’ L’assistance à la messe n’était pas une simple routine, pour preuve les demandes de prières spéciales à dire après les messes. Le premier vendredi du mois, l’assistance et communion étaient nombreuses à la messe du matin et soir, l’heure Sainte avec sa formule ‘’ Adoration-causerie sur un thème de vie intérieure’’. Il y avait aussi des causeries préparatoires aux grandes fêtes liturgiques.

D’autres messes étaient célébrées à l’occasion de certains faits importants pour leur partie. Pendant la guerre 39-45 par exemple, les pères célébraient des messes en plein air devant le bureau du gouverneur à la Botte à l’intention des morts de la guerre en Belgique. Il y avait confession le Dimanche avant les messes pour qu’il y ait un grand nombre de gens pour la communion. La chrétienté était constituée des élèves du pensionnat, ceux du collège et de l’Athénée Royal ainsi que leurs parents et d’autres Blancs de la ville.

3.2.2. Les visites.

Contrairement aux visites que les Pères rendaient aux Noirs et qui avaient pour but principal de parler de la religion et donner des instructions et conseils aux malades, prisonniers, chez les Européens, les Pères rendaient visites de courtoisie mais aussi ils en profitaient pour discuter de la religion. Quant à ceux qui ne partageaient pas la même foi, ils les visitaient tout en respectant leur religion. Les pères rendaient aussi visites aux malades à l’hôpital clinique qui était un hôpital pour les Blancs uniquement car ceux-ci ne voulaient pas se faire soigner où étaient admis des Noirs.

3.2.2.a. Les mouvements d’action Catholique et les mouvements de Jeunesse

Les mouvements d’action Catholique avaient pour but de relèvement spirituel aussi bien chez les Blancs que chez les Noirs.  Ils avaient un but principalement religieux et visaient aussi la formation d’une morale chrétienne. Les pères avaient trouvé nécessaire de créer des mouvements d’action Catholique parce qu’ils avaient remarqué un esprit d’indiscipline et d’aspiration d’indépendance chez les Blancs et les Noirs.

                         3.2.2.b  Le Foyer Chrétien

Les  membres de ce foyer étaient seulement des Européens adultes. Leur nombre n’était pas très élevé. Plusieurs familles se réunissaient chez l’une d’entre elles chaque mois. Le ménage qui recevait, indiquait dans l’invitation, le sujet de l’échange de vues et se chargeait de diriger la conversation pour qu’elle ne dévie pas trop. Ces sujets étaient prévus d’avance dans un programme sur un thème éducatif, doctrinal ou autre. La réunion commençait par la lecture sainte avec commentaire auquel, à l’occasion, tout le monde prenait part, puis on passait à l’échange de vues dont les conclusions étaient rappelées au début de la réunion suivante. Les difficultés pour ce mouvement des foyers étaient le départ des membres, les retours en Europe.

scoutisme : Les scouts existaient à Bukavu depuis 1939 chez les Noirs. C’est en 1949, que fut créé à la paroisse Notre Dame de la Paix, un mouvement scout qui était indépendant d’autres mouvements scouts des Noirs qui existaient dans la ville. Il était supervisé par le Père VUYLSTEKE, Curé de la paroisse. Les Scouts Noirs bien que ce dernier fût un père Missionnaire Blanc.

Une autre unité de scouts était formée d’internes du collège et dépendait de celui de la paroisse. Ce mouvement scout de la paroisse était confronté au problème de la disponibilité de chefs à cause des déplacements, maladies, départ en congé et permutation de ceux-ci.

Les scouts devaient avoir un grand esprit d’apostolat et faire rayonner autour d’eux le message évangélique. Le but du scoutisme était aussi de donner la formation morale chrétienne qui consiste plus en une attitude de vie à faire acquérir à l’enfant par la discipline et la loyauté durant les réunions et les yeux que par un enseignement.

                           3.2.2.c. La compagnie des Guides

Cette compagnie des Guides était spécialement constituée des filles. Elle existait à Bukavu depuis 1947 sous la direction des demoiselles A.L.M. (Auxiliaires Laïques des Missions). Cette communauté s’occupait seulement de filles Noirs. Quant aux filles européennes, elles avaient leurs propres responsables qui dépendaient du Curé de la paroisse. Les Guides organisaient des camps où leur étaient également inculqué des nations positives de morale chrétienne contribuant à leur formation même de future mère. Comme les scoutes, les Guides connaissaient le problème du changement perpétuel des chefs pour des raisons déjà évoquées ci-haut chez les scouts.

Nous pourrions ajouter une section de la J.E.C.F. qui existait au pensionnat Albert Ier. Cette section de la jeunesse n’était pas paroissiale en ce sens qu’elle se recrutait presqu’exclusivement parmi les pensionnaires internes.

Le but de l’œuvre des missionnaires était certes principalement religieux, mais pour l’atteindre ils ont dû également opérer dans les domaines sociaux et culturels.

4.  LES ACTIVITÉS SOCIALES ET CULTURELLES.

Face à l’instabilité de la communauté chrétienne de la paroisse, les missionnaires avaient tenu à rendre celle-ci plus vivante en organisant certaines activités culturelles.

L’apostolat dans le centre urbain de Costermansville composé essentiellement d’une population non stable, exigeait que le contact entre les missionnaires et les nouveaux venus puissent s’établir le plus rapidement possible. L’un des moyens d’y parvenir était l’organisation d’activités culturelles multiples. Les paroissiens jouissaient ainsi des enseignements et de plusieurs loisirs. Chaque jour dans l’après-midi la paroisse était envahie par les paroissiens. Ceux-ci venaient y fréquenter la bibliothèque mise à leur disposition et où ils pouvaient emprunter des livres ou lire sur place dans la salle de lecture….

Parmi les grands événements qui ont marqué la paroisse Cathédrale,

  • le sacre de Mgr Mulindwa Mutabesha Aloys, le 20 mars 1966;
  • l’inttronisation de Mgr Munzihirwa Christophe comme Archevêque de Bukavu en juin 1994 en succession à Mgr Mulindwa qui avait démissionné une année avant;
  • L’intronisation de Mgr Emmanuel Kataliko, le 18 mai 1997 comme archevêque de Bukavu en remplacement de Mgr Munzihirwa assassiné le 29/10/1996;
  • L’intronisation de Mgr Charles Mboga Kambale le 03/06/2001 comme nouvel archevêque de Bukavu, succédant à feu Mgr Kataliko son prédecesseur, décédé à Rome le 04/10/2000.
  • Le retour de Mgr Charles Mbogha à Bukavu après les soins médicaux en Belgique, en Italie et kinshasa.
  • La nomination de Mgr Francois-Xavier Maroy Rusengo comme Eveque  auxiliaire, le 22/11/2004, pendant qu’il était déjà Vicaire Général
  • Le sacre de Mgr François-Xavier Maroy comme Eveque auxiliaire le 16/11/2005 et sa première messe épisopale célébrée en la cathédrale le 17/11/2005.
  • La cathédrale Notre-Dame de la Paix de Bukavu a donné naissance à deux  nouvelles paroisses: Saint-Pierre-Claver de Nguba(1981) et Mater Dei de Muhungu(01/01/2004).
  • L’intronisation de Mgr Francois-Xavier Maroy le 16/01/2005 remplacant Mgr Charles Mbogha décédé de la maladie qu’il trainait depuis le debut de la messe d’intronisation

Jusqu’en 2006, la paroisse D’Ibanda, Notre-Dame de la Paix a 12 communautés ecclésiales vivantes de base à savoir:  Sainte Marie Madeleine, St Paul, St Jean-Baptiste qui ont un lieu commun de culte : la Chapelle Ste Thérèse de l’Enfant Jésus.  Les neuf autres sont :La CEV Coeur Immaculée(Ndendere); Saint Joseph Artisan(Fizi); Notre Dame de la Miséricorde(Kalehe), St Jacques(Cercle Hypique), Sacré-Coeur de Jésus (Maniema), St Charles Lwanga(Transco), Notre-Dame Reine des Apôtres(Pageco).

Parmi les faits saillants 2018,  l’Abbé Curé BUGANDWA GYAVIRA a relevé, entre autresl’inauguration de la grande salle Paroissiale Abbé KANINGU, réalisé pour l’autofinancement de la Paroisse Cathédrale avec bureaux aloués à des tiers  mais dont les travaux de construction continueront par la réalisation de l’Amphithéatre. Aussi, a-t-il montré que les travaux de construction de l’Eglise de la Chapelle Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de La Botte se poursuivent allègrement bien.

L’année 2019 nous a réservé d’enormes surprises en la cathédrale telles que la réception d’un hote de grande importance,  évènement de grande taille à  savoir  Mgr Ettore BALESTRERO,  nouvellement nommé Nonce Apostolique en RDCongo, point culminant de sa visite officielle dans l’Archidiocèse de Bukavu  du 20  au 22 mai 2019, – les images  audio-visuelles ont été archivées dans un double DVD lui envoyés, archivé à la Curie diocésaine, diffusé dans toutes les paroisses et communautés sacerdotales et religieuses, au Centre diocésain de Pastorale, Catéchèse et Liturgie(CDPCL), dans tous les Choeurs des Petits Chanteurs(Pueri Cantores) de Bukavu et même dans certains diocèses amis et  encore  aujourd’hui  disponible au bureau du Service diocésain des Communications Sociales(SEDICOS) ainsi qu’à la Librairie du Congo(LIBRECO), point de diffusion du Sedicos ainsi qu’à l’Economat Général de l’Archidiocèse de Bukavu.

Bien plus ce 18 octobre 2019, se cloturent les travaux entrepris depuis quelques mois de la construction-renovation du Choeur de cette « Eglise Cathédrale, où est placé la ‘cathèdre’, le siège de l’Evêque, signe du Magistère et du pouvoir du Pasteur de l’Eglise particulière, signe aussi de l’unité des croyants dans la foi qu’annonce l’évêque  en tant que pasteur de son troupeau »(Caeremoniale episcoporum n°42). En cette date du 18 octobre 2019 se dérouleront des cérémonies de consécration du nouvel Autel fixe  de cette cathédrale avec ses structures  dépendantes à 9h30 à savoir:

  1. la cathèdre
  2. la Baptistère
  3. l’Ambon
  4. La stèle du Tabernacle et la nouvelle Crédence

Le 29 octobre prochain sera célébré le 23ème anniversaire du martyr de Mgr Munzihirwa Mwene Ngabo pour toute la communauté diocésaine et interdiocesaine prie pour la béatification par une messe solennelle et le 31 octobre en la cloture du mois ectraordinaire des Missions tel que decrété par le Pape Francoirs,  nous clôturerons aussi le Mois du Rosaire car Notre Dame De la Paix est la première missionnaire car son »Fiat Voluntas Tua  » , elle nous a apporté le Seigneur Jésus Notre Sauveur, envoyé par Dieu le Père dans l’Unité du Saint Esprit, pour les siècles sans fin. Amen.