COLLOQUE PROVINCIAL DE 50 ANS DE L’ENCYCLIQUE « HUMANAE VITAE » SOUS LE HAUT PATRONAGE DE L’ASSEPB: 2ème, 3ème et 4ème journée.
« REDECOUVRIR L’ACTUALITE DE L’ENCYCLIQUE « HUMANAE VITAE » 50 ANS APRES. REGARDS CROISES SUR LA MARCHE DE L’EGLISE DU KIVU 25/05/1968-25/07/2018″:
2ème journée: mardi 24/07/2018
Il est 9h00 lorsque la modératrice du jour Mme Odette Wimba annonce que cette deuxième journée va aborder la dimension historique et théologique de l’encyclique Humanae Vitae. Après la prière sur la Famille, le Chœur des Petits Chanteurs de la Résurrection a exécuté les chansons reprenant les devises des Evêques de, l’Abbé l’ASSEPB. Après ces chansons l’Abbé Patrick BYAMUNGU, secrétaire –rapporteur de la première journée a donné la synthèse des travaux de la première journée comme suit :
« COLLOQUE PROVINCIAL SUR 50 ANS DE « HUMANAE VITAE » SOUS LE HAUT PATRONNAGE DE L’ASSEPB »
SYNTHESE DU PREMIER JOUR
Début : 9h 15
MOT D’OUVERTURE DU COLLOQUE ( S. E. Mgr l’Archevêque de Bukavu)
PRESENTATION DES PARTICIPANTS : 66
PRESENTATION DES TERMES DE REFERENCE
CONFERENCE INAUGURALE (S
. E. Mgr Sébastien-Joseph MUYENGO)
Thème : “ De la Révolution de la mondanité à la révolution des esprits”, 50ème anniversaire de Mai 68 qui avait consacré la liberté sexuelle avec pour slogans : ‘il est interdit d’interdire’ ou bien ‘cessez de vous battre et faites l’amour’,…
Toute l’idéologie de cette révolution de mai 1968 se cache derrière une pseudo “libération de l’homme”. Les ténors de cette idéologie s’appuie sur les 3 philosophes ou maîtres du soupçon dont Nietzsche, Freud et Marx.
Comment la Révolution de la mondanité a-t-elle abouti à la Nouvelle Ethique Mondiale ? Quelle est l’intuition de Vatican II vis-à-vis de cette idéologie ?
- La mort du Père (parricide) : négation de l’interdiction, la mort de toute autorité, c’est l’aboutissement. Jean-Jacques Rousseau parle de l’image du père, pour lui être père est un privilège. Cela s’oppose au Nihilisme de Nietzsche qui aboutit à la philosophie du marteau ou de la mort de Dieu. Le Nihilisme est un système de déconstruction : “il est interdit d’interdire” ! “Tout est permis”, “l’heure du vide”, “la théorie de « la libido” de Freud, le “mouvement féministe”, le “deuxième sexe”, “refus de l’enfant pour mieux jouir de son corps”.
- Le mouvement libertaire de Paris : La révolte des jeunes à Paris réclamant : “soyez réalistes, demander l’impossible” liberté face à l’autorité parentale, à l’Etat, à la morale… liberté de disposer de soi-même (aujourd’hui : genre, euthanasie,…)”
- Révolution du choix ; culture laxiste, suicidaire, tous les interdits deviennent des droits.
- L’Eglise et le monde.
Problème de limitation de naissances:
Vatican II, une fenêtre ouverte sur monde en tenant compte des progrès en matière de liberté de conscience (G. S., la grandeur de la liberté que les jeunes revendiquent partout).
Le magistère de Jean-Paul II a davantage clarifié Vatican II quand il parle de la “culture de la vie” qui doit supplanter la “culture de la mort” !
Bref, la liberté choisie s’étend jusque dans le domaine de la vie jusque à décider pour l’autre, pour son enfant, ça s’appelle un assassinat. Quand, l’Eglise s’y oppose, on la taxe d’intolérante, s’opposer à l’homosexualité, ça s’appelle l’homophobie ! Le Pape François dit que la Famille est comme un “hôpital de campagne” : c’est l’ouverture de l’Eglise au monde.
Deux catalogues parle des 15 maladies de la curie et 12 remèdes pour guérir l’orgueil, le plaisir, pouvoir, gloire,…
c’est l’ecclésiologie de la libération à travers une triple spiritualité incarnée :
- missionnaire : aller à la périphérie existentielle de la vie de l’homme.
- Écologique : vivre en accord avec la nature (Laudato si)
- familiale (Amoris Laetitia)
- mystique (Gaudete et Exultate)
ECHANGES
Les inquiétudes face à l’enseignement de HUMANAE VITAE. par rapport à la réalité des couples sur terrains…
Réponses : L’Eglise accompagne les couples qui font face à des contraintes de la vie de couple mais depuis les 12 premiers chapitres de la Bible et la Bible entière l’homme fait face aux réalités fastes et néfastes de la vie, quitte à lui de garder les deux pieds sur terre et ne pas perdre la tête lors des contrariétés inhérentes à la vie !
Nombre de participants à la fin : 72
Heure de clôture : 15h 30
A la fin de ce rapport, la modératrice a annoncé qu’il y aura quatre conférences à l’ordre du jour et directement elle a donné la parole au premier conférencier
- l’Abbé Dieudonné Musanganya qui a exposé le contexte historique de la publication de l’Encyclique Humanae Vitae et ses répercussions dans l’Eglise universelle.
Exposé subdivisé en 3 parties importantes :
- Le Contexte historique au moment de la publication ;
- Les répercussions de la publication de l’Encyclique Humanae Vitae dans l’Eglise Universelle ;
- L’urgence de redécouvrir le caractère prophétique de l’enseignement de Humanae Vitae
- Contexte historique au moment de la publication :
–Populorum progressio: En mars 1961 on se heurte à un grand problème de croissance démographique (n°31): l’Eglise invite alors à la responsabilité de l’homme (cfr Humanae Vitae n°2). Ce rapide développement démographique a eu pour conséquence que la population était devenue plus grande que les ressources disponibles ; l’homme accomplissait des progrès pour maîtriser son environnement cependant jusqu’à vouloir les appliquer à sa propre vie en tombant dans le piège de sa manipulation.
– La fin des régimes démographiques anciens d’avant 1960
La forte mortalité des enfants à cause des épidémies, d’où les couples n’avaient pas de choix que de mettre beaucoup d’enfants au monde afin de contourner la forte mortalité infantile. Au XXème S, le progrès de la médecine fait une explosion démographique qui pousse les couples à limiter les naissances; choix volontaire qui ouvre la voie aux méthodes contraceptives. Ainsi, le plaisir sexuel est séparé de la procréation.
– L’entrée dans les régimes démographiques modernes
2. Les répercussions de Humanae Vitae sur l’Eglise Universelle
– La commission préparatoire de Humanae Vitae
En avril 1963, la Commission pontificale fut mise au point par le pape Jean XXIII, le était chargée d’examiner les problèmes de régulation de naissances. Après deux ans de silence et de prière, le Pape Paul VI se décida de publier contre la majorité des experts l’encyclique “Humanae Vitae” (n°5 et 6). Selon Serrat, c’est en 1950 qu’a commencé la Révolution sexuelle (par Pincuis) ; c’est la croissance de la permissivité sexuelle comme mode de vie : ainsi, le sexe est consommé pour le seul plaisir et non pour la procréation. C’est l’anomie qui donne lieu à l’explosion des maladies vénériennes. Les jeunes et les femmes ont été les catégories les plus touchées par cette révolution sexuelle. La sexualité est vécu comme élément de la révolution de la société : dissocier la fonction de l’union et de la procréation.
– La révolution sexuelle de main 1968 avec la démocratisation de la sexualité dont les figures de proue sont Margaret Sanger et Simone de Beauvoir.
3. L’urgence de redécouvrir le caractère prophétique de l’Encyclique :
Le conférencier a poursuivi en démontrant que l’Afrique a a accueilli favorablement cette Encyclique et a montré la prise de position du Cardinal GANTIN, alors archevêque de Cotonou. Pour Conclure, le conférencier a relevé que la force de l’Encyclique Humanae Vitae est d’avoir réussi à bloquer le projet principal de la révolution sexuelle occidentale visant à séparer union et procréation. Et c’est un problème et autant d’autres évoqués par Humanae vitae qui sont toujours d’actualité…50 ans après!
2. 2ème conférence : Abbé Emile MUSHOSHO : « Humanae Vitae et le respect de la vie humaine
Notre orateur a d’abord montré “La compréhension de la vie humaine”: A ce niveau il a montré même que la morale négro-africaine insiste sur le respect de la vie et de la vie tout entière.
En second lieu, il a insisté sur “La sacralité de la vie humaine”: ‘Tu ne commettra pas de meurtre’ : la vie humaine est une vie en soi et a sa juste valeur qui trouve en Dieu son origine et sa destinée. C’est grâce à sa spiritualité que l’homme est supérieur à d’autres créatures. Lorsque le corps humain est chosifié, on va vers la dérive éthique. De là découle la responsabilité de l’homme face à la vie humaine. L’homme doit défendre la vie et donc promouvoir la dignité humaine. D’où, une urgence de réveiller les consciences afin que cesse toute agression sur la vie : autrement dit c’est l’appel au respect de la vie
En conclusion, notre orateur conclut en montrant l’urgence de réveiller les consciences car en l’homme, il y a un sens inné du bien et du mal: le bien est à faire , le mal est à éviter; c’est le principe même de la morale.
Les échanges qui ont suivi les deux conférences ont porté sur
- Ce qu’il faut faire comme famille pour braver les méfaits de la révolution sexuelle
- Si on peut continuer à affirmer que la morale africaine respecte la vie
- Les réalités africaines prises en compte par HV
- Comment l’Eglise réveille les consciences aujourd’hui
- Comment limiter ce qui se fait aujourd’hui contre la vie
- Au vues de nombreuses préoccupations et questions remises par écrit aux conférenciers, Mgr l’Archevêque a demandé que les conférenciers aillent répondre par écrit aux préoccupations des uns et des participants et que les réponses soient reprises dans les actes du présent colloque
A 12h 15, Mgr a entonné l’Angélus qui nous a inroduit à la pause et au partage du cocktail.
La reprise des travaux dans l’après-midi nous as permis d’aborder
3. la troisième conférence donnée par Mr l’Abbé Athanase WASWANDI au sujet de La réception et l’auto-appropriation de l’encyclique du Pape Paul VI par la Conférence Episcopale de la Province Ecclésiastique du Kivu d’alors:
Selon l’orateur, les Evêques de notre Province ecclésiastique ont bien accueilli Humanae Vitae. En fait, après consultance, ils ont publié deux documents à savoir :
- « Respecter la vie »
- « Quiconque est contre la vie contredit le plan de Dieu »
Ces deux documents ont sauvé l’Episcopat du Congo par rapport aux questions urgentes de la famille. Le conférencier a noté aussi qu’ils ont été les premiers à parler de maternité responsable en voulant ainsi montrer la complémentarité (la coresponsabilité) homme-femme.
Au fait, selon l’orateur, dans l’Afrique traditionnelle connaissait déjà des méthodes de régulation de naissances et ces méthodes refusaient le matérialisme jouisseur. En parlant de « planning familial », qui est un « antilangue » de na Nouvelle Ethique Mondiale (NEM), notre conférencier a soulevé les incohérences dans ce qui est enseigné aujourd’hui dans les Institutions supérieurs et universitaires à travers des termes équivoques comme contraception, naissances désirables, santé de la reproduction, etc.
4. En dernier lieu, l’Abbé Jean-Marie KITUMAINI a été invité à donner sa conférence intitulée « Responsabilité parentale dans la transmission et la protection de la vie à l’heure de la mondialisation » cfr HUMANAE VITAE des nn7 – 17
De prime abord, l’Abbé a stigmatisé trois hypothèses, à savoir :
- La santé de la reproduction,
- Le planning familial, introduit dans notre pays en 1972 en termes de « naissances désirables » donc le désir s’érigerait en droit! il y aurait donc des naissances indésirables… c’est ce que Le saint pape Jean Paul II appelait « émotivisme ». Un couple stérile peut espérer avoir un enfant par fécondation in vitro (nouvelles techniques bio-médicales); enfants hors-pères….qui ont comme point de chute:
- La procréation médicalement assistée…
En guise d’évaluation, l’orateur a abouti à trois données de conclusion
- La loi civile ne coïncide pas toujours avec la loi morale ;
- A l’heure de la biotechnologie, le désir peut-il s’ériger en droit ?
- On ne peut pas justifier de manière subjective et arbitraire le choix des méthodes contraceptives. Le choix de méthodes à partir des seuls critères médicinales posent le problème crucial de l’existence et du sens de la vie. D’où Un regard théologique sur les méthodes contraceptives appliquées aujourd’hui à savoir :
- méthodes chirurgicales: ligature, vasectomie…
- méthodes abortives: immorales car empêchent le développement de l’embryon
- méthodes anti-anticonceptionnelles: empêchent la conception, ne tuent pas : préservatifs, quelques pilules anticonceptionnelles…
- méthodes naturelles: d’auto-observation qui respectent le fonctionnement
- méthode de retrait: coït interrompu, pratique prohibée par la tradition biblique(refus d’amour, frustration, insatisfaction) cfr Genèse
En conclusion : l’orateur fait observer que très peu sont les cas où l’Eglise tolère les cas d’usage des méthodes artificielles. Même ce qui peut être perçu comme moindre mal demeure tout de même un mal n’ayant pas franchi le seuil du mal pour devenir un bien, a instruit l’orateur. Par exemple l’usage du préservatifs comme moindre mal; même en ce cas là, l’église n’accepte pas sauf si c’est l’unique moyen disponible comme moyen thérapeutique(cas de couples discordants quant au VIH/SIDA) et d’ailleurs, il ne préserve pas à 100 pour cent. Tout m’est possible techniquement, mais tout ne m’est pas nécessaire et/ou moralement recommandé. Enfin de compte, Dieu a toujours sa place Au fait l’abstinence est la meilleure des méthodes, la méthode responsable par rapport à l’usage des contraceptifs ‘méthodes artificiels de régulation de naissance qui seront presque toujours signe d’irresponsabilité car elles favorisent l’infidélité et la réduction de la femme à un objet de plaisir à la merci des hommes.
Les échanges sous forme de questions-réponse ont enrichi les exposés et portaient principalement sur :
- l’incohérence de la part de certains agents pastoraux sur terrain entre la théorie académique et ce qu’ils transmettent
- la manifestation du matérialisme jouisseur hier et aujourd’hui ;
- la possibilité d’un système de contrôle des vaccins donnés aux femmes et filles en âge de procréation ;
- la relation entre planification familiale et développement ;
- la planification qui entraîne à l’infidélité et à la polygamie ;
- l’usage des préservatifs et contraceptifs dans les familles en couples.
La journée a débuté avec 58 participants et s’est clôturée avec avec 66.
Après la présentation du programme de la troisième journée qui aura spécialement deux conférences seulement, l’Eucharistie du Jubilé d’Or de Humanae Vitae animée par les « Pueri Cantores » Chœur de la Résurrection dominera le milieu du jour du 25/07/2018 et le début d’après-midi en sorte qu’après le cocktail clôturera la journée.
Après tout ce, Mgr l’Archevêque a entonné la prière de clôture de ce mardi 24 juillet 2018 à 16h15.
3ème journée : Mercredi 25/07/2018.
Sous la modération de l’Abbé Dieudonné Musanganya, l’accueil des participants est fait , suivi de la prière d’ouverture par Mgr l’Archevêque de Bukavu. Après quoi, Mr Jean-Pierre MUDARHI de l’équipe du secrétariat a présenté le compte rendu des travaux de la 2ème journée, synthèse adoptée moyennant quelques amendements.
Au menu de cette journée:
- 2 conférences suivies des échanges.
- Messe solennelle du Jubilé de l’Encylique HUMANAE VITAE suivi du cocktail.
L’abbé Dieudonné MUSANGANYA, modérateur du jour a alors accordé la parole au premier conférencier : l’Abbé Floribert BASHIMBE GANYWAMULUME, Directeur du Centre diocésain de Pastorale, Catéchèse et Liturgie(CDPCL) de Bukavu pour développer le thème : « LES DEFIS PASTORAUX SOULEVES PAR L’ENCYCLIQUE HUMANAE VITAE DANS LA PROVINCE ECCLESIASTIQUE DE BUKAVU , 50 ANS APRES. »
De prime abord, l’orateur fait remarquer que parmi les documents émanant des Pape, Humanae Vitae, sur le mariage et la régulation des naissances a connu les plus atroces contestations aussi bien de la part des fidèles laïcs catholiques que des clercs et même des évêques. Il a dévelloppé son exposé en six points à savoir :
- Une introduction
- Une question mal posée pour l’Afrique
- Une incidence de la mondialisation
- Les pressions extérieures
- Les enjeux et autres défis pastoraux actuels
- conclusion
- Introduction : l’origine de l’Encyclique Humanae Vitae
Après la seconde guerre mondiale, l’Europe a connu une explosion démographique due surtout à l’évolution de la médecine, le développement rapide de l’agriculture et de l’industrie… sans pour autant faire fi du fait qu’après les deux guerres mondiales, l’instinct de conservation de l’espèce pousse à vouloir combler les vides occasionnés par tant de morts. L’évolution de la médecine a diminué sensiblement la morbidité et la mortalité infantile en occident. Cependant, le taux de natalité ascendant par rapport aux moyens de subsistance et d’éducation des enfants, doublés de l’espérance de vie devenu plus longue, suscitèrent la question de gestion des familles nombreuses
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. D’où la notion de planification naturelle et rationnelle des naissances. Evidemment, les extrémistes n’hésiteront pas à promouvoir une campagne de limitation de naissances par tous les moyens au mépris même de normes morales.
Lors du Concile Vatican II, cette question était déjà en vogue et le pape établit une Commission spéciale pluridisciplinaire pour y réfléchir et donner des propositions saines quant à ce. De là la naissance de Humanae Vitae qui apporta deux idées principales :
- Le mariage est ordonné à la procréation
- Il serait anormal et déshumanisant pour un couple d’avoir plus d’enfants qu’il ne peut en élever correctement
Cependant, le pape dans cette encyclique exclut toutes les méthodes artificielles préventives ou contraceptives.
Renchérissant sur cette même lancée, les évêques du Kivu d’alors ont fait valoir que « les pratiques contraceptives aboutissent à la falsification de l’acte conjugal, déforment les finalités de la sexualité, de l’amour conjugal et du mariage, avilissent l’homme et la société, détruisent la conscience humaine, aboutissent à l’irresponsabilité sexuelle, à la désintégration de la personnalité, au laisser-aller dans le foyer, ouvrent la porte aux avortements et à l’infanticide, à la délinquance et à l’ethnocide, à la menace de la fidélité des foyers et aux divorces, aux unions libres et à la propagation des maladies vénériennes, à la paresse et à la perte du dynamisme social ». Bref, les méthodes artificielles déséquilibrent le corps et le psychisme humains. Par ailleurs, l’Eglise affirme sans ambages que « c’est une faute morale grave pour toute personne de procurer un avortement. Cet enseignement n’a jamais changé et demeure inchangeable.»
- Une question mal posée pour l’Afrique
C’est une aberration que de traiter la question de régulation de naissance en termes de lutte contre le surpeuplement. En Afrique et surtout en RDcongo, la population est concentrée dans les grands centres, il y a beaucoup d’espaces inhabités par les humains, des forêts et des savanes…Vouloir réduire la population à tout prix par des moyens que nous connaissons aujourd’hui dont l’avortement, le contrôle de naissances, le célibat, etc. relèvent de visées autres que le surpeuplement ; c’est pour appliquer le fameux « malthusianisme » datant de 1798, un système qui prône la réduction de la population planétaire en exterminant les faibles sous prétexte d’insuffisance de ressources naturelles. « Réduire la population africaine de moitié », ce fut la résolution solennelle de la fameuse Conférence Internationale sur la population et le développement tenue au Caire le 13 septembre 1994 au moyen de l’avortement, l’acceptation des relations sexuelles hors mariage et la limitation de l’autorité maritale dans le foyer (l’autorité du mari sur sa femme et les enfants). Cette conférence a même décidé que l’acceptation de ces résolutions devait alors conditionner l’octroi des aides (subsides) au pays et aux institutions en Afrique.
Ici chez-nous, nos évêques avaient déjà prévenu tout cela dans leur lettre pastorale du 28 Août 1984 en rappelant que « c’est par l’infanticide systématique qu’Hérode a voulu développer et affermir son pouvoir qu’il sentait menacé par la naissance d’un nouveau-né ».
- L’incidence de la mondialisation
La culture africaine qui avait pour orientation le don et la promotion de la vie, s’estompe progressivement et devient de plus en plus un slogan vide. Pour preuve, la présence des « enfants de la rue », les fœtus jetés ici et là, etc.
Par contre, la culture des hédonismes s’installe durablement ici chez-nous avec comme conséquence la banalisation de la relation sexuelle. Et pour preuve : la distribution des capotes même dans les écoles primaires, l’usage des préservatifs à travers les manuels proposés dans nos écoles ! on recourt aux préservatifs et aux pilules abortives de tout genre pour éviter ou éliminer les grossesses non désirées. On assiste à des expériences sexuelles précoces suite à l’influence des films pornographiques, la prostitution s’accentue à cause de la pauvreté ou du faible revenu de nos familles. Aussi s’installe-t-il une forte tendance à limiter la personne aux seuls aspects corporels en ignorant sa conscience et sa liberté. Et avec la culture mondialiste, l’homme travaille souvent loin de son conjoint et pourtant la recherche du plaisir est omniprésente, d’où l’usage des méthodes artificielles
. L’enfant est considéré comme un petit ennemi qui empêche l’homme et la femme de travailler, de jouir, de vivre la parité, d’être libre : un véritable intrus !
La conférence de Maputo avait légitimé les abortifs en légalisant l’avortement. Dès lors, on rétribue les personnes qui acceptent les méthodes comme la vasectomie, la ligature, la section et l’ablation de la matrice. Il semblerait que le kit de secours aux femmes violées contient non seulement des médicaments curatifs mais aussi des abortifs. on distribue à nos mamans, à nos sœurs, à nos enfants :
– des contraceptifs oraux, des pilules combinées, des pilules progestatives, des pilules d’urgence ou du lendemain dites 72 heures…
– des injections et implants à longue durée, des stérilets jadelles ou implants sous-cutanés ;
– des préservatifs masculins ou féminins, des capes cervicales, des spermicides, mousses, crèmes…
– des méthodes définitives comme la ligature, la section des trompes pour les femmes, la vasectomie ou section des canaux déférents chez les hommes
– les timbres ou formes d’adhésifs progestatifs imprégnés d’hormones progestatives.
Dès lors, on remarque la perte progressive du sens du péché, la relativisation et la banalisation du sixième commandement du décalogue et bien sûr le cinquième aussi est atteint par des tueries sans vergogne et même les avortements clandestins dans les couples.
- Les pressions extérieures
L’Occident aurait-il peur de la démographie africaine et surtout de sa jeunesse ? Dans son sentiment d’auto-défense, il applique une forte pression sur l’Afrique pour lui faire avaler sa politique de limitation de naissances ! D’où l’organisation des deux conférences internationales :
- La conférence internationale sur la population et le développement tenue au Caire du 5 au 13 septembre 1994 et
- La Conférence de l’Union Africaine qui a donné naissance au protocole de Maputo.
- Les enjeux et autres défis pastoraux actuels
- L’âge du mariage est retardé chez les jeunes. Plusieurs jeunes se marient après 30 ans ; de là, il faut se presser pour engendrer autant d’enfants en si peu de temps !
- D’autres jeunes cohabitent sans idée de transmettre la vie. D’où un usage abusif de contraceptifs
- La préparation des jeunes au mariage suscitent des questions aujourd’hui : combien d’enfants désirez-vous ? serez-vous capables de les éduquer ?
- Les rapports époux-épouse s’obscurcissent ; les relations en famille sont des plus tendues. Nos évêques ont pourtant prévenu et stigmatisé ce genre de mauvaises relations dans les couples en disant : « L’Eglise refuse les simplifications médicales, commerciales et politiques »(cf. Quiconque est contre la vie contredit le plan de Dieu).
Réagissant à l’article 14 du Protocole de Maputo, le SCEAM déclare ce qui suit : « Nous observons que les droits des femmes de protéger et promouvoir leur santé sexuelle et reproductive ont exclu les droits du couple, de la famille et de la société »
Et notre orateur de conclure avec ces paroles de nos évêques : « L’Eglise catholique enseigne que l’exercice de la paternité responsable, de la régulation de naissances et du nombre d’enfants à accueillir est un droit propre et exclusif des conjoints ». Cependant, en cette matière, tous les moyens ne sont pas bon ! L’Eglise recommande les méthodes naturelles.
En fin de compte, de par son expérience pastorale, l’orateur formule trois vœux :
- Instituer et ou re-dynamiser les Commissions familles dans nos diocèses ;
- Se référer constamment à la Parole de Dieu et au Magistère ;
- Se documenter pour être au parfum de nouvelles publications en rapport avec les questions de l’heure.
2ème conférence : Couple VITAL BALOLA & Odette Wimba
Ce couple, sans trop se venter, estime témoigner de l’application pendant 25 ans de leur mariage, les recommandations de Humanae Vitae en matière de vie de couple et la régulation des naissance…
Après une brève introduction, le couple orateur a développé en premier lieu brillamment le planning familial en Afrique traditionnelle. Partant de l’expérience de la praxis africaine traditionnelle en matière de régulation de naissance, le couple s’aperçoit qu’il y avait comme pierre d’attente des enseignements de « Humanae vitae » de la discipline, l’abstinence sexuelle pendant les funérailles, pendant les pratiques de divinations, en cas de programme de chasse ou de la pêche et en période post-partum, l’abstinence s’imposait jusque même au sevrage de l’enfant, ’abstinence à la veille d’une cérémonie rituelle ou d’une affaire importante comme la palabre, la divination, les funérailles, la chasse, la pêche, le festival ; l’abstinence sur le plan religieux : ne pas manger du porc, ne pas boire d’alcool, ne pas fumer, ne pas manger la viande de son totem, ne pas travailler tel ou tel jour…vacances chez la tente, éloignement de sa femme: « kuja e Bugisha » chez les Bashi soi-disant pour faire paître ses troupeaux de bœufs, de brebis et chèvres.
Ce sont là les méthodes traditionnelles dont avait parlé le Père Ruffin surtout en ce qui concerne la séparation temporaire des époux, séparation temporaire de résidences, de l’habillement particulier, de l’allaitement complet, intensif et prolongé.
Le Père MIKA, évoque quant à lui des stratégies privées telles que le coït interrompu, les moyens chimiques, les moyens magiques, les moyens mécaniques.
Bref, malgré l’engouement pour une famille nombreuse, les effets bénéfiques des naissances espacées étaient ressentis en faveur de la santé de la mère et de l’enfant et pour bien d’autres motifs.
En second lieu, Madame Odette, à l’école des enseignements de Humanae Vitae, trouve que là où le couple vit pleinement l’amour, un amour humain, total, fidèle et exclusif qui culmine dans la fécondité en donnant naissance à des nouvelles vies, bref, là où il y a la culture d’une « mentalité de couple », c’est -à-dire, l’oubli de soi au profit prioritaire à l’autre, un effort soutenu de prendre ensemble les décisions qui s’imposent au plan conjugal, sexuel, économique, politique, religieux et relationnel, il sera plus aisé d’être épanoui en couple et d’appliquer les méthodes naturelles d’espacement de naissances même si pas faciles ! Celles-ci, au jugement de ce couple jubilaire d’argent de mariage sont et restent les méthodes conjugales par excellence.
Quant aux méthodes artificielles, le couple orateur jugent qu’elles sont inappropriés pour l’épanouissement de la personnalité, de la sexualité et la responsabilité et de l’amour conjugal . En effet, avance-il, ces méthodes artificielles coûtent du prix à la femme tant physiquement que moralement
. Elles sont source d’angoisse, de fausse libération à la femme et conduisent à l’esclavage et aux tendances dépressives et peut favoriser l’infidélité où l’éloignement de l’homme de sa femme par des retours tardifs intempestives, la séparation de chambres et le mauvais contrôle de la fécondité.
En conclusion, le couple orateur propose la formation des catéchistes accompagnateurs de familles en matière de planification naturelle et l’éducation aux valeurs familiales et conjugales. Il recommande la possession de la méthode, des stratégies et des outils pour se prévaloir éducateur car les méthodes naturelles de planification familiale ne s’apprennent ni ne se transmettent en un jour : elles ont un contenu incluant des fondements théologiques, scientifiques voire même anthropologiques
. L’observation et l’applicabilité de ces méthodes naturelles dans le couple exigeraient un minimum de trois cycles chez la femme.
Il importent que soient re-dynamisés les services paroissiaux de planification familiale naturelle et l’éducation aux valeurs familiales et conjugales et avoir une attention particulière aux couples ballottés entre le recours aux méthodes naturelles et celles artificielles.
Enfin de compte pour le couple orateur, les couples sont invités à être à l’écoute de l’Eglise « Mater et Magistra »(Mère et E) qui a toujours dit NON à la contraception et OUI à la vie, à l’amour humain par les méthodes naturelles. Et, Monseigneur l’Archevêque qui a suivi et participé à tous les travaux de renchérir : « aimer l’autre impose nécessairement des sacrifices. Dieu ne se trompe jamais et on ne se trompe pas en obéissant à Dieu ».
Cette conférence ayant suscité beaucoup de questionnements, lesquels ne sauraient être objets de débat vu le programme très serré, les participants ont été admis à les soumettre par écrit et certains ont eu des réponses quoi que certains sont restés à leur soif.
Cet après-midi là les participants ont célébré le jubilé d’or (50 ans) de cette Lettre encyclique en la cathédrale d’Ibanda autour de Mgr l’Archevêque de Bukavu en la fête de Saint Jacques Apôtre. Cette messe solennelle a été chantée par les Pueri Cantores de la Résurrection. Au cours de son homélie, Mgr l’Archevêque 










