Message des évêques de la province ecclésiastique de Bukavu le 02 juin 2019.
ASSEMBLEE EPISCOPALE PROVINCIALE DE BUKAVU (ASSEPB) B.P.3324 BUKAVU République Démocratique du CONGO
POUR REVETIR UN HOMME NOUVEAU « Réveille-toi, ô toi qui dors, le Christ t’éclairera » (Eph 5, 74)
Message des Évêques membres de I’ASSEPB aux fidèles chrétiens, où la population congolaise et aux hommes de bonne volonté.
Nous, Archevêque et Évêques membres de l’ Assemblée Épiscopale Provinciale de Bukavu (ASSEPB), avons tenu notre session ordinaire à Bukavu, du 27 mai au 2 juin 2019.
Nous avons passé en revue entre autres la situation socio-pastorale de nos différents diocèses, partageant nos joies, nos peines et nos raisons d’espérer dans la providence divine.
Par ce message, nous entendons faire part du fruit de nos échanges à vous, fidèles chrétiens, peuple congolais et hommes de bonne volonté. Nous avons ébauché une analyse des causes profondes de stagnation observée dans notre marche vers plus de sécurité, de démocratie, de croissance économique, d’attention pour l’environnement, de solidarité et de dignité humaine.
l. Nos joies et nos espérances
1. Sur le plan ecclésial, nous nous sommes réjouis de la récente nomination par le Pape François, de S.E. Mgr Willy NGUMBI comme Evêque de Goma et de la visite parmi nous à Goma puis à Bukavu, de Son Excellence Monseigneur Ettore Balestrero, Nonce Apostolique, venu présider la cérémonie de cette prise de possession canonique. Nous avons apprécié également l’esprit de foi et de communion ecclésiale qui a caractérisé l’Eglise de Goma dans l’accueil de son nouveau pasteur. Ensemble, nous avons rendu hommage à S.E. Mgr Théophile KABOY pour son ministère accompli parmi nous et avons prié pour le diocèse de Kindu, afin que le Seigneur lui trouve un nouveau pasteur selon son cæur.
2. Sur le plan politique, nous avons rendu grâce à Dieu pour le climat globalement pacifique qui a entouré les élections générales, présidentielles et parlementaires ainsi que pour l’alternance qui s’en est suivie au sommet de l’Etat. De manière providentielle, nous avons évité les violences tant redoutées autour des élections.
3. De même, nous avons sauvegardé une certaine liberté d’expression et voulons nous en servir pour raviver notre sens de dignité, d’égalité, d’équité, de solidarité, de communion chrétienne et de réconciliation. Ce qui est en jeu, c’est véritablement de rebâtir l’homme blessé, de transformer la société de l’intérieur, de refonder l’Etat sur des bases nouvelles, c’est-à-dire les valeurs humaines, chrétiennes et républicaines. Sur ces points, nous nous félicitons de la maturité grandissante du peuple congolais.
4. Sur le plan sanitaire, nous louons l’engagement du Ministère de la santé et ses partenaires tant nationaux qu’internationaux pour s’être promptement mobilisé dans la riposte contre la maladie à virus Ebola afin de juguler cette terrible épidémie. Nous l’encourageons à s’investir davantage, avec professionnalisme et détermination à éradiquer cette épidémie. Nous sommes également heureux du fait qu’une bonne partie de la population a déjà compris la réalité de cette maladie et le bien fondé de la riposte lorsque, respectant les mesures prophylactiques, on protège les autres en se protégeant soi-même.
II. Nos inquiétudes
5. Sur le plan politique, la sensation persiste selon laquelle il y a eu des arrangements occultes entre formations politiques sur les élections supplantant ainsi la volonté populaire directement exprimée par les urnes. Dans ces conditions, le processus pose un problème de légitimité et de crédibilité à tous les niveaux.
6. Sur le plan de la gouvernance, le retard dans la mise en place du nouveau gouvernement prolonge l’incurie dans la gestion de la chose publique et la décadence largement répandue continue à gangrener la vie publique par rapport à la paix, la sécurité, la vie économique et sociale, l’environnement.
7. Sur le plan sécuritaire, nous continuons à exprimer nos vives préoccupations pour la persistance, voire la prolifération des groupes et bandes armés et des malfrats qui perpètrent massacres, attaques, kidnappings, pillages avec pour effet le déplacement massif de populations. Ces situations manifestent une déchéance de l’Etat.
8. Nos pensées vont particulièrement aux populations de Beni et de Butembo, qui méritent une attention spéciale. Des massacres aveugles y sont attribués aux ADF-NALU, d’autres au nébuleux Etat lslamique revendiquant ses exploits sur son site officiel ; l’invasion de terres communautaires se poursuit par des bandes aux provenances obscures.
9. Les populations sont prises en étau entre les violences de bandes armées et la tragique épidémie de maladie à virus Ebola, Celle-ci a fait une véritable hécatombe dont voici quelques chiffres à la date du 29 mai 201-9 : sur 1877 cas confirmés, 1248 décès ont été enregistrés, et seulement 490 guérisons ont été célébrées.
10. Le drame s’est aggravé à ce point suite à plusieurs facteurs, entre autres, la préexistence des conflits armés, l’instrumentalisation politicienne de la maladie dans le but de l’exclusion d’une partie de l’électorat; ce qui a accru la frustration dans ces entités électorales et a renforcé une certaine résistance aux équipes de la riposte, consécutive à ce traitement politique ressenti comme discriminatoire.
11. Nous déplorons également la persistance des activités incessantes des milices et groupuscules armés dans les zones d’Uvira, de Fizi et de Mwenga. Ces violences sont alimentées souvent par des conflits de terre et ceux relatifs au leadership coutumier. lls tendent à enraciner dans l’esprit des populations l’accentuation du tribalisme, de la division ainsi que de l’exclusion. Un tel climat délétère ne favorise pas le développement de la contrée.
12. Entre temps, à Kinshasa, le leadership politique est occupé à autre chose notamment, le partage du pouvoir, abandonnant le peuple à son triste sort ! Mais là aussi l’absence de l’Etat interroge sur le bien fondé du pouvoir tant convoité !
13. Cette incurie politique rend fragile notre économie qui reste toujours désorganisée et exposée aux ravages d’une prédation intérieure et extérieure : les minerais sont pillés, l’agriculture locale abandonnée au profit de produits étrangers subventionnés, entrepreneuriat local quasi inexistant, la taxation abandonnée au bon vouloir des agents publics, souvent à leur profit propre. Tout cela entraîne une grande fragilité sociale des populations.
14. L’absence d’une politique nationale de l’environnement entraîne une déforestation excessive; l’octroi hâtif d’immenses concessions forestières à des entreprises d’exploitation de bois d’ouvrage, la vente inconsidérée d’immenses étendues de terres arables à des entreprises nationales ou étrangères, tout cela prive les populations congolaises de leurs ressources tout en exposant leur santé à des effets nuisibles consécutifs à ces exploitations. Ainsi une économie circulaire s’organise autour des multinationales avides d’accroître leurs richesses au grand dam des écosystèmes et de la biodiversité nécessaire au bien être de la population.
15. Une telle logique conduit à » l’exploitation de la création, des personnes et de I’environnement sous la motion de la cupidité insatiable qui considère tout désir comme un droit et qui tôt ou tard finiront par détruire même celui qui se laisse dominer par elle » (Pape François, Lettre de Carême, 2019), 16. Notre descente aux enfers se nourrit de la corruption de l’élite et de l’ignorance des masses. Notre leadership a largement contribué à nous appauvrir, et essayé de nous avilir. ll nous a dépouillés de bien de choses et a tenté de nous enlever jusqu’au sens de l’honneur.
17. Une voie de sortie de cette médiocrité pourrait nous venir de l’éducation de la jeunesse. Malheureusement, au stade actuel, cette situation perdure à cause de son orientation inadéquate où l’homme congolais à éduquer ne développe pas simultanément la tête, le cæur et les mains . C’est ainsi que la confusion règne dans notre système éducatif et dans notre échelle des valeurs qui nous enferme dans l’inefficacité et la médiocrité.
III. Nos attentes des fidèles chrétiens et des citoyens congolais :
18. « Réveille-toi, ô toi qui dors, pour revêtir un homme nouveau ». C’est l’appel que nous adresse le Christ ressuscité. Ce changement de perspective concerne le leadership, mais également la population ainsi que chacun de nous. Les propos des politiciens, la démagogie et la vérité civique de la jeunesse; considérer nos diversités culturelles, religieuses, et nos pluralités politiques, non comme une menace, mais comme une chance. Car dans une structure sociale en équilibre, et dans une société saine, la vie se nourrit et s’enrichit de la complémentarité des différences. Engageons-nous donc à la promotion des valeurs chrétiennes, de l’amour du prochain, du don de soi, pour que nous ayons tous la vie, et la vie en abondance, nous prendre en charge en adultes, cesser de nous conduire en spectateurs désengagés, mais en coresponsables du bien commun. Le Congo est à nous et personne ne le développera à notre place. Beau pays; nous engager chacun, à sa place, à en transformer les potentialités naturelles en biens économiques effectifs bénéfiques à soi-même et au prochain. dignement de son travail en gérant de manière responsable nos ressources naturelles, minières, pétrolières, forestières, foncières et autres, de façon à assurer aux générations présentes un bien être légitime et aux générations futures, un avenir encore meilleur. (Cfr Discours du Pape François le 26 mars 2019 à l’Université Pontificale du Latran ‘Eph 5, 14 3 Cfr Jean 10. 10) S’engager jour après jour sur des questions précises à notre portée, comme le dit le Pape: » ne pas nous arrêter aux problèmes, mais chercher toujours les solutions ».
Des jeunes particulièrement.
19. Les jeunes sont la clé et le levier du développement dans l’Eglise et dans la société; nous les invitons à s’engager sur le chemin de maturation chrétienne et civique. Cela implique la prise de conscience que le présent et l’avenir du pays sont entre leurs mains; qu’ils s’imprègnent activement du sens de la famille, de l’Eglise, de la société et de l’Etat; de l’honneur, de la dignité, du sens du travail fini et bien fait.
20. lls développeront ainsi un sens aigu de responsabilité consistant, entre autres, à éviter le piège de toute sorte de corruption, de la manipulation politique et idéologique ainsi que de toute incitation à la violence, à l’exclusion, à la haine et au tribalisme. Qu’ils se désolidarisent d’avec les groupes armés et les mouvements mafieux qui les enrôlent pour pérenniser l’insécurité et le sous-développement.
De la classe politique congolaise.
21. Qu’elle reprenne en main la gestion de la mission régalienne de l’Etat: celle d’assurer l’unité, l’intégrité du territoire, la sécurité des personnes et de leurs biens, ainsi que la promotion du bien être général de sa population.
22. Qu’elle veille à la protection de nos ressources naturelles. Avant tout accord avec tiers que l’on se rassure que les intérêts nationaux et le respect de l’environnement seront garantis. qu’elle protège l’emploi des populations locales et oriente sa politique vers des secteurs alternatifs comme l’agriculture, l’artisanat, les petites et moyennes entreprises.
23
These additional blood pressure reductions were of a similar magnitude to those seen when sildenafil was administered alone to healthy volunteers.38TREATMENT FOR ERECTILE tadalafil for sale.
24. Qu’elle achève le cycle électoral par l’organisation sans délai des élections locales qui appellent une mobilisation quant à la qualité de l’engagement citoyen, comme électeurs ou candidats. La population y tient beaucoup. (Cf . Evangelii Gaudium, N’ 159)
Des agents pastoraux
25. Accompagner tes communautés locales, dans le dialogue constructif avec son leadership, de veiller à ce que les orientations de l’épiscopat tant provincial que national, fassent l’objet d’un suivi soutenu, étalé dans la durée et intégré à part entière dans leur programmation d’action pastorale et sociale. Qu’en cette solennité de l’Ascension, le Christ qui monte vers le Père, nous donne toujours son Esprit qui renouvelle la face de la terre, afin de revêtir l’homme nouveau
Causes And Risk Factorsindividual, culture to culture, religious persuasion to usa cialis.
Que la Très Sainte Vierge, Marie, Reine de la paix, présente au Cénacle nous accompagne sur ce chemin de conversion et de témoignage.
Donné à Bukavu, le 2 juin 2019 en la Solennité de l’Ascension du Seigneur.
- + François-Xavier Maroy, archevêque Métropolitain de Bukavu et Président de I’ASSEPB
2. + Melchisédech SIKULI, Evêque de Butembo-Beni
3. +Willy NGUMBI Evêque de Goma et Administrateur Apostolique de Kindu
4. + MUYENGO Sebastien-Joseph, Evêque d’Uvira
5. + Placide LUBAMBA, Evêque de Kasongo
Téléchargez le document original ici
