Centre De Recherche Et De Documentation Africaine, CERDAF

Le Centre de Recherche et de Documentation Africaine, CERDAF est une des œuvres des Missionnaires d’Afrique dans l’Archidiocèse de Bukavu, fondées par le Père Georges Defour, Missionnaire d’Afrique. Ce centre est situé aux numéros 32 et 34 sur l’avenue industrielle en commune d’Ibanda, dans la ville de Bukavu. Depuis son inauguration officielle, le samedi 25 novembre 1995, le CERDAF a été dirigé par le Père Georges Defour. En juin 2004, il y a laissé sa place à son confrère, le Père Clemens Knobelspies, le directeur actuel.

Depuis son arrivé ici à Bukavu, le 22 mai 1946, jusqu’à la fondation du CERDAF en 1994, le Père Georges Defour avait observé que la ville de Bukavu sans son évolution, semblait s’orienter non vers l’industrie, mais plutôt vers l’éducation, l’enseignement et la formation intellectuelle. Sa position au carrefour de trois pays, le Rwanda, le Burundi et la RDC, la qualité de certaines de ses écoles, le nombre de ses établissements secondaires, de ses instituts supérieurs, de ses universités, de ses maisons de formation et la valeur de ses étudiants, … sont là des atouts majeurs qui ouvrent cette ville à sa véritable vocation universitaire. Selon son intuition, pour mieux aider cette ville, il fallait alors travailler dans ce sens, en la dotant surtout d’une « petite bibliothèque de valeur » qui, répond aux nombreuses sollicitations documentaires des chercheurs et des lecteurs soucieux, soit de parfaire leurs connaissances sur l’Afrique traditionnelle et moderne, soit de s’y replonger à la conquête des valeurs anciennes dans la culture et la religion, les coutumes et les techniques de l’Afrique. D’autre part, en dirigeant des travaux de fin d’études à l’ISDR (Institut Supérieur de Développement Rural), le Père Georges Defour constatait que, malgré son insistance, les étudiants négligeaient de tenir compte de la culture peu de livres sur la culture africaine, ceux-ci lui ayant objecté que les bibliothèques de la ville recelaient très peu de livres sur l’Afrique. Alors, comme Missionnaire d’Afrique, il a conçu le CERDAF. Sa conviction profonde est que : « Un arbre ne peut donner ses fruits s’il se coupe de ses racines, que donc toute recherche doit tenir compte de la culture africaine ».

C’est ainsi que le Père Georges Defour est arrivé au lancement du Centre de Recherche et de Documentation Africaine, CERDAF, qui a commencé au Centre Bandari, le siège international du Mouvement Xavéri, en 1994. Il a ensuite émigré à l’avenue industrielle, quand le bâtiment qui lui a été destiné a été construit et aménagé. Monseigneur François-Xavier MITIMA, alors vicaire général de l’Archidiocèse de Bukavu, l’a inauguré le 25 novembre 1995 en présence du Père Jésus de Esteban, Supérieur Régional des Missionnaires d’Afrique, Région du Sud-Est de la RDC ainsi que de plusieurs invités : laïcs, religieuses et religieux.

La bibliothèque du CERDAF est ouverte pour consultation à diverses couches sociales : enseignants, chercheurs, étudiants, agents pastoraux, entrepreneurs divers, ONG, organismes publics et privés, … du lundi au vendredi de 7h30’ à 16h00’ et les samedis de 7h30’ à 12h00’. Par contre sa salle de lecture reste ouverte, chaque jour ouvrable, jusqu’à 18h00’.

Le CERDAF poursuit plusieurs objectifs :

  • Mettre à la disposition des chercheurs une source d’informations susceptible de les inspirer, d’aider à leur créativité, de les enrichir dans la réalisation de leurs activités. Pour ce faire, il entend compléter la documentation sur l’Afrique (livres, revues, mémoires, thèses, rapports des séminaires vidéo-films, audio-cassettes, etc.) des établissements de la région et des chercheurs divers.
  • Etablir des relations suivies avec les centres de recherche sur l’Afrique, aux plans régional, national et international.
  • Accompagner les chercheurs, pour qu’ils agissent, non comme reproducteurs d’une science et d’une pensée instituée, mais comme acteurs d’une science et d’une pensée instituante, en mesure de peser sur la dynamique de développement africain de l’Afrique.
  • Mettre à la disposition des différents chercheurs et autres lecteurs, à travers ses publications, un outil de communication capable de les rapprocher et de diffuser les résultats de leurs recherches, d’études, d’expérimentation sur le terrain…, et de les aider ainsi à compléter et à élargir le riche capital de réflexion, de découverte, de documentation africaine.
  • Créer un cadre d’échange et de réflexion sur l’Afrique, sa culture et son développement à travers des ateliers, des colloques, etc.
  • Offrir aux techniciens de développement, aux services étatiques, aux ONG, etc. des données précises et valables sur la pensée, la culture, l’histoire, les ressources humaines et naturelles d’action, les réalisations africaines…
  • Aider les professeurs d’instituts supérieurs ou d’universités à parvenir à un titre supérieur, par l’édition de leurs travaux dans une revue reconnue comme scientifique.

Le CERDAF organise les services ci-après :

  • Une bibliothèque d’une capacité potentielle de 15.000 livres dont les rayons se remplissent progressivement d’ouvrages et de revues très diversifiées.
  • Une salle de lecture équipée pour la consultation, la présentation de nouveaux ouvrages, l’organisation d’expositions, des colloques, des symposia, des conférences, des séminaires.
  • Un service de Recherche Documentaire pouvant déboucher sur la constitution de dossiers thématiques en faveur des lecteurs diversifiés.
  • Une salle audiovisuelle possédant des films (pour vidéo-films, diapositives), entre autres sur l’Afrique avec audio et vidéocassettes.
  • Un accompagnement des chercheurs s’engageant dans le domaine du développement endogène de l’Afrique et ceci, à travers des réflexions et la mise en liaison avec d’autres réseaux traitant des thèmes intéressant l’Afrique.
  • La parution d’une modeste revue scientifique « Recherches Africaines » basée sur les travaux du Centre ainsi que des chercheurs qui fréquentent, mais également ouverte à des informations scientifiques et techniques publiées par d’autres Centres de recherche ou documentaire.
  • Un échange de documents avec des maisons d’édition spécialisées aussi bien qu’à la recension d’ouvrages nouvellement parus.
  • Un « Bookshop » où l’on peut se procurer les productions du Centre ainsi que d’autres ouvrages sur l’Afrique.

La bibliothèque du CERDAF comptait au 31 décembre 2005, 7.081 ouvrages enregistrés pour 6.160 titres. Depuis sa création jusqu’à la même date, 2.482 personnes ont déjà souscrit un abonnement à la bibliothèque du CERDAF, dont la majorité la consulte régulièrement.